Conférence sur la dette : Ayib Daffé rejette les « solutions préfabriquées » du FMI

Le président du groupe parlementaire PASTEF, Ayib Daffé, a plaidé pour une approche « durable et progressiste » face à la crise de la dette publique, lors de la conférence internationale sur la dette sénégalaise organisée mardi à Dakar sous le patronage du Premier ministre Ousmane Sonko. Ainsi, le député met en garde contre une politique de restructuration et d’austérité…

Dans une allocution axée sur les enjeux économiques et institutionnels, il a estimé que « le problème du Sénégal actuellement n’est pas politique mais plutôt économique », soulignant la nécessité « d’élargir la réflexion » et « d’explorer les possibles » dans un contexte marqué par une dette jugée préoccupante.

Le député a rappelé que le gouvernement sénégalais avait choisi la transparence en révélant « l’ampleur de la dette publique et du déficit public » ainsi que « les problèmes liés à la dette cachée héritée du régime précédent ». Selon lui, cette démarche relevait d’un « exercice de transparence, de reddition des comptes, de redevabilité, de réalisme et de lucidité ».

Face à cette situation, Ayib Daffé a mis en avant les initiatives engagées par les autorités, notamment la Vision Sénégal 2050 et le Plan de redressement économique et social. Il a insisté sur les quatre axes stratégiques définis par l’agenda national de transformation, « une économie compétitive et créatrice d’emplois », le renforcement du capital humain et des équités sociales, l’aménagement durable du territoire ainsi que la bonne gouvernance.

Le parlementaire a également salué les analyses des économistes Jeffrey Sachs et Ndongo Samba Sylla, qui ont participé aux échanges sur la dette sénégalaise. Selon lui, la gravité de la situation impose « des mesures hardies, courageuses et originales » afin de « sortir des sentiers battus » et des « solutions préfabriquées ».

Sur le plan législatif, Ayib Daffé a évoqué plusieurs réformes engagées ou annoncées pour améliorer l’environnement économique. Il a cité la réforme du code des investissements, l’adoption du code des sports, la loi sur le crédit-bail ainsi que celle relative à la facturation, destinées notamment à faciliter l’accès des PME et PMI au financement. Il a aussi annoncé une prochaine réforme du Code général des impôts et une future loi sur le patriotisme économique.

Le président du groupe parlementaire PASTEF a par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer le contrôle parlementaire de la dette et de l’exécution budgétaire. Selon lui, le Parlement doit jouer pleinement son rôle afin d’éviter la reproduction des dysfonctionnements passés, à travers des auditions ministérielles, des missions d’information, des commissions d’enquête et l’évaluation des politiques publiques.

Évoquant les attentes des populations, il a insisté sur la nécessité de répondre aux défis liés à l’emploi des jeunes, à l’industrialisation, aux infrastructures et au capital humain. « On ne peut pas se limiter toujours à répéter aux populations que nous sommes face à une situation difficile et que nous sommes obligés de prendre l’essentiel de nos recettes pour les consacrer au service de la dette », a-t-il déclaré.

Ayib Daffé a, en dernière analyse, averti qu’une politique fondée sur « la restructuration et l’austérité » risquerait de compromettre les engagements de rupture et de transformation portés par les nouvelles autorités sénégalaises.

« Si nous choisissons la politique de la restructuration et de l’austérité, nous allons être obligés de renoncer aux engagements inscrits dans l’agenda national de transformation », a-t-il ajouté, appelant à une mobilisation collective du gouvernement, du Parlement, des collectivités territoriales, de la société civile et des experts pour trouver des solutions durables à la crise de la dette.

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