À Dakar, Malick Ndiaye a fermé la porte à une restructuration de la dette publique, en affirmant devant des députés, universitaires, experts internationaux, représentants de la société civile et partenaires institutionnels que cette option n’était pas retenue par le Sénégal. Le président de l’Assemblée nationale a présenté ce choix comme une décision visant à préserver la crédibilité financière du pays et à honorer ses engagements internationaux.
Dans la foulée, il a défendu une autre ligne : la rigueur budgétaire, une gestion active de la dette et une mobilisation renforcée des ressources internes. Il a toutefois averti qu’une politique de redressement ne peut pas durer si elle affaiblit les investissements sociaux ou freine les moteurs de croissance. Il a insisté sur la nécessité de restaurer les équilibres sans casser les dynamiques de développement.
Transparence et contrôle
Revenant ensuite sur l’état des finances publiques, Malick Ndiaye a expliqué que plusieurs révélations récentes sur la gestion de l’endettement ont mis en lumière de graves dysfonctionnements dans le suivi et le contrôle de la dette publique, comme le rapporte Actusen dans son compte rendu. Il a déclaré que les nouvelles autorités ont choisi une ligne de transparence totale et estimé que la sincérité dans la gestion des comptes publics est désormais une étape pour restaurer la confiance.
Dans son intervention, il a aussi replacé le débat sur la dette au-delà des considérations comptables. Pour lui, parler de dette publique renvoie à la souveraineté, à la responsabilité devant les citoyens et à la capacité de l’État à financer la santé, l’éducation, l’emploi et les infrastructures. Il a rappelé que l’endettement peut être un outil utile lorsqu’il accompagne le développement et respecte les principes de transparence et de contrôle démocratique, mais qu’il devient problématique lorsqu’il échappe à ce contrôle ou compromet les capacités futures de l’État.
Le rôle du Parlement et l’appel sur le système financier
Malick Ndiaye a également consacré une large partie de son discours au rôle du Parlement dans le suivi des finances publiques. Il a soutenu que la dette publique ne doit plus être réservée aux techniciens ou aux institutions financières, en rappelant que chaque emprunt engage la Nation. Il a plaidé pour un contrôle parlementaire plus approfondi afin d’évaluer les risques budgétaires, d’analyser les hypothèses économiques et de suivre l’exécution des politiques publiques. Selon lui, la XVe législature a déjà engagé plusieurs réformes pour renforcer les mécanismes de contrôle, d’évaluation et de suivi de l’action gouvernementale.
Au-delà du Sénégal, le président de l’Assemblée nationale a aussi demandé un système financier international plus juste pour les pays africains, avec une évaluation plus équitable de leur dette et un meilleur accès aux mécanismes de financement. Il a enfin réaffirmé que la dette doit rester un levier de développement, à condition d’être gérée avec transparence, responsabilité et réforme, comme rapporté en clôture par Actusen.
