Dette aux entreprises : le délai de trois ans de l’État contesté par le privé

« Déjà, ça fait deux ans que les entreprises ne tiennent plus. » Diaraf Alassane Ndao décrit une activité économique paralysée par les arriérés de l’État, alors que le remboursement intégral de la dette aux entreprises est prévu sur trois ans.

L’ampleur de la facture explique la longueur de ce calendrier : les arriérés de paiement de l’État sénégalais atteignent 1 956 milliards de francs CFA, selon le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lô. Celui-ci veut faire du règlement progressif de ces sommes une priorité de son action, afin de relancer les entreprises.

Un premier versement de 300 milliards de francs CFA est attendu avant la fin de l’année. Mais ce calendrier est jugé trop long par les acteurs du secteur privé, qui estiment que les entreprises ne peuvent plus attendre davantage pour retrouver une activité normale.

Les difficultés touchent notamment le BTP, où des chantiers sont à l’arrêt et où les investissements se raréfient. Des licenciements ont également été signalés, tandis que le secteur informel subit lui aussi le ralentissement économique. Ces éléments ont été rapportés par Yahoo, avec une correspondante à Dakar.

Pour Alla Sène Gueye, président de la Fédération nationale des industries du Sénégal, l’État pourrait accélérer les règlements en compensant les sommes dues avec la TVA et les impôts sur les bénéfices que les entreprises doivent lui verser.

Le responsable estime ainsi que le délai devrait être ramené à deux ans, afin de permettre au secteur privé de reprendre ses activités plus rapidement. Les propositions ont été regroupées dans un livre blanc remis au chef de l’État jeudi 17 septembre.

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