« Rien, ou presque, ne se construit sans une semence de qualité. » Cette déclaration du ministre de l’Agriculture résume la place accordée aux semences dans les travaux de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA).
La session 2026 du Comité scientifique et technique (CST) de l’ISRA s’est ouverte lundi 7 septembre à Dakar. Les travaux se poursuivent jusqu’au 11 septembre sous la présidence de Dr Cheikhou Oumar Ba, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage.
Des priorités liées aux semences et au climat
Le CST réunit chercheurs, experts et partenaires de l’Institut. Cette instance évalue les résultats obtenus, recense les nouveaux défis et prépare les orientations de la recherche agricole nationale.
Pour cette édition, deux dossiers occupent une place centrale : la souveraineté semencière et l’adaptation au changement climatique. La première doit contribuer à réduire progressivement la dépendance extérieure en renforçant les capacités du système semencier national. La seconde concerne notamment les réponses à apporter aux chocs agro-climatiques qui affectent les exploitations familiales et les ressources naturelles.
Cette ambition se heurte toutefois à une fragilité persistante de l’appareil de recherche. L’ISRA et l’Institut de technologie alimentaire (ITA) connaissent des difficultés budgétaires, dans un contexte marqué par la précarité de certains chercheurs et le vieillissement des laboratoires. Le renforcement de la souveraineté alimentaire dépend donc autant des orientations scientifiques que des moyens humains et matériels consacrés à leur mise en œuvre.
Le ministre a salué la préparation de la session, notamment les ateliers de préprogrammation organisés dans différentes zones du pays avec des producteurs et des acteurs du développement. Cette démarche vise à rapprocher les recherches des réalités du terrain.
Dans cette perspective, Dr Cheikhou Oumar Ba a plaidé pour un ISRA doté de davantage de personnel et d’équipements, afin de mettre au point des semences mieux adaptées aux conditions climatiques du Sénégal. Il a également mis en avant les changements introduits dans l’animation scientifique et administrative de l’Institut. Ils doivent favoriser davantage de transversalité entre les disciplines et les différents centres de l’ISRA.
Près de 15 milliards de FCFA pour la recherche
En 2026, le dispositif scientifique de l’Institut bénéficie d’un budget remanié de 14,947 milliards de FCFA. L’État en apporte près de 48 %, tandis qu’une part importante provient de conventions particulières conclues avec des partenaires et des bailleurs. Ce niveau de financement devra notamment répondre aux besoins d’un appareil de recherche confronté à des équipements vieillissants et à des conditions de travail difficiles.
Ces ressources doivent soutenir les activités de recherche dans les domaines agricole, forestier, pastoral et halieutique. Elles s’inscrivent dans les ambitions du référentiel « Sénégal 2050 : Agenda national de transformation » et de la Stratégie de souveraineté alimentaire 2025-2035.
Selon le ministre, la recherche publique doit produire des notes de politiques publiques ainsi que des technologies et des innovations utiles aux producteurs. Il a aussi rappelé que les exploitations familiales restent exposées aux effets du changement climatique et à la dégradation des bases productives.
La Stratégie de souveraineté semencière 2025-2034, élaborée avec les acteurs du secteur agricole, constitue l’un des cadres évoqués à Dakar. L’ISRA y a joué un rôle scientifique moteur, sous l’impulsion du ministère. La capacité de l’Institut à tenir ce rôle dépendra cependant de la consolidation de ses effectifs, de ses laboratoires et de ses moyens de recherche.
Le ministre a félicité le directeur général, le directeur scientifique et l’ensemble du management de l’Institut pour le travail accompli. Les informations sur l’ouverture du CST 2026 et les orientations annoncées ont été rapportées par Vivafrik.
L’ISRA produit depuis sa création en 1974 des connaissances et des solutions destinées aux réalités agricoles, forestières, pastorales et halieutiques du Sénégal.
