L’allègement de la balance commerciale agricole constitue une priorité pour les autorités. Au cœur de cette politique, la réduction drastique des dépenses liées à l’achat de semences à l’étranger occupe une place centrale. Le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (Masae) vient de dévoiler une feuille de route précise pour relocaliser une production particulièrement coûteuse pour les finances publiques.
La culture ciblée est la pomme de terre. Selon les informations rapportées par Le Quotidien, la facture d’importation pour la campagne horticole 2025-2026 s’annonce conséquente. Le ministre Mabouba Diagne a révélé que l’achat de 12 260 tonnes de semences de classe A à l’étranger coûtera 5 milliards 451 millions 650 mille francs CFA. En y ajoutant la production locale, évaluée à 1,9 milliard de francs CFA pour 7 000 tonnes, la facture globale des semences pour cette filière dépasse les 7,35 milliards de francs CFA.
Pour inverser cette tendance, le Gouvernement s’appuie sur une collaboration entre l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) et le Programme coréen pour l’agriculture internationale (Kopia). Lors d’une cérémonie d’évaluation organisée mardi dans les locaux de l’Isra à Sangalkam, Mabouba Diagne a souligné que la souveraineté alimentaire nationale débutait impérativement par la maîtrise de la filière semencière.
L’objectif fixé par la tutelle est d’implanter un circuit de multiplication local capable de substituer les importations d’ici 2029. Pour y parvenir, l’Isra mobilise son Laboratoire de recherche sur les productions végétales (Lnrpv) et son unité de culture in vitro, forts de plus de 25 ans d’expertise dans le domaine. L’ambassadeur de la Corée au Sénégal, Kwon Hyuk-Woon, a réaffirmé l’ambition commune de briser cette dépendance en structurant progressivement la production nationale.
Actuellement, le Sénégal produit environ 250 000 tonnes de pommes de terre, couvrant des besoins mensuels estimés entre 12 000 et 15 000 tonnes. Cette production nécessite un volume total de 19 000 tonnes de semences, dont la grande majorité provient encore de l’extérieur.