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Comment la presse sénégalaise a couvert l’élection présidentielle 2019 ? 

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Comment la presse sénégalaise a couvert l’élection présidentielle 2019 ? 

Le monitoring des médias est une observation indépendante, objective et impartiale des médias durant la période électorale. En effet, les médias étant un élément central des processus électoraux dans beaucoup d’aspects, le Gorée Institute a, dans le cadre de l’élection présidentielle du 24 février 2019 au Sénégal, et avec l’appui financier de OSIWA et le partenariat du Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’information (CESTI), mis en place une activité de monitoring des médias, dans le cadre de son programme de monitoring, d’observation et de documentation du processus électoral.

De ce travail de partenariat, notamment avec les étudiants en Licence 3 Journalisme, est tiré un rapport général qui présente les résultats du monitoring des principaux médias suivis du 1er février au 20 mars 2019.

Des résultats qui renseignent sur le type de programmes monitorés dans l’audiovisuel avec une répartition par organe, sur les types et formats des articles dans la presse écrite et les rubriques des articles monitorés dans la presse en ligne. Les résultats du monitoring des médias renseignent également sur l’affiliation politique des acteurs intervenant dans les médias, les typologies des principaux acteurs monitorés, l’affiliation institutionnelle des acteurs, le genre des acteurs, la qualité de la couverture (ton), les candidats soutenus ou critiqués, les propos incendiaires et la cible de ces propos incendiaires.

Audiovisuel : prédominance du JT, absence d’éducation civique

L’étude sur la répartition des programmes dans l’audiovisuel montre que 71% des programmes monitorés dans l’audiovisuel portent sur les informations (Journal Télévisé/Parlé) suivies de la campagne électorale (23%).

Elle révèle d’autre part que les programmes d’éducation civique sont quasiment inexistants dans les programmes audiovisuels durant cette période. Une prédominance du journal (télévisé/parlé) qui montre que les deux dispositifs médiatiques que sont la télévision et la radio ont été les principaux relais de l’information et dominent, par conséquent, les autres dispositifs monitorés comme la presse écrite et internet. Un fait qui peut s’expliquer par l’intégration dans les projets éditoriaux de la télévision et de la radio, outre le français, des langues nationales (wolof, sérère, peulh, diola, etc.) dans le traitement de l’information.

Presse en ligne : faible contenu

S’agissant de la presse en ligne, même si le pourcentage d’articles monitorés est élevé, le contenu de l’information relative à l’élection présidentielle demeure cependant faible dans Seneweb, Dakaractu et Senego.

Intervention médiatique : « Omniprésence » de BBY

L’étude de l’affiliation politique des intervenants dans les médias qui est faite dans ce rapport général révèle que quel que soit le dispositif médiatique choisi, les intervenants de la Coalition Benno Bokk Yaakaar ont été plus présents dans les médias que les acteurs des autres candidats en compétition. Cette « omniprésence » médiatique des intervenants pour le camp du pouvoir trouve son explication dans le fait que le candidat sortant appartient à cette coalition et, par conséquent, bénéficie de cette « prime au sortant ».
Sous-représentation des femmes

Le rapport général du monitoring des médias n’a pas manqué de se pencher sur la prise en compte du genre dans le traitement de l’information relative à la campagne électorale. Il relève ainsi une inégale répartition en défaveur des femmes.

En effet, les pourcentages montrent qu’elles sont largement sous-représentées dans les médias dans une proportion de moins de 10% par rapport aux hommes. Et même dans le secteur de l’audiovisuel où elles semblent être plus présentes, elles peinent à atteindre les 10%. Cette sous-représentation des femmes s’explique d’une part par l’absence de femmes candidates à l’élection présidentielle –celles qui aspiraient à la candidature ont été éliminées par le système de parrainage-, et, d’autre part, par l’absence de démocratie interne dans les partis politiques dans lesquels elles sont souvent cantonnées dans des positions subalternes qui souffrent de visibilité.

Neutralité de la couverture médiatique

Les résultats du monitoring présentés dans le rapport général notent une qualité de couverture neutre de 80% pour l’ensemble des articles et enregistrements monitorés. Une neutralité de la couverture qui montre que non seulement les médias ont été globalement à équidistance entre les acteurs de l’élection, mais ont également évité une cristallisation des enjeux de l’élection. De ce point de vue, les médias en respectant les principes fondamentaux en matière d’éthique et de déontologie semblent avoir pris compte la mesure de leur responsabilité, notamment la sensibilité de l’information en période électorale.

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