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Chronique « Ndoumbélane » N°X: Quand l’esprit magique rythme la vie politique en plein 21e siècle… Par Alassane K Kitane*

Alassane K. KITANE, ndoumbélane

« Quand la liberté de parole est confisquée dans un régime de la terreur, la satire devient une arme. »

En Egypte antique comme dans certaines cultures africaines antérieures aux religions abrahamiques, les serviteurs du roi étaient sacrifiés et enterrés avec le souverain. Fidélité ou pratique cultuelle, ce geste illustre dans tous les cas la loyauté absolue à une autorité ou à une culture. A Ndoumbélane, par contre, ce sont les serviteurs qui tuent le chef dès qu’ils sentent son pouvoir chancelant.

Ils ne se contentent pas de le tuer, ils le mangent exactement comme les membres de la horde primitive décrite par Freud mangèrent leur père. L’acte d’absorption de la chair du père symbolisait pour eux la récupération magique des forces de ce dernier. Manger leur père : c’est le seul mérite, la seule force des membres de la horde politique qui règne à Ndoumbélane.

Ils ont apprivoisé les médias, les intellectuels (surtout les avocats du barreau de Ndoumbélane) les associations consuméristes, celles de parents d’élèves, les syndicalistes, les économistes et les juristes non pour les mobiliser autour du destin de Ndoumbélane, mais pour faire du meurtre du père un crime parfait. Mais bientôt ils se rendront compte de la vanité de leur acte : leurs rivalités internes et leur avidité aussi bien pour l’argent que pour le pouvoir rongent cette force illusoire usurpée au père sous fond de procédé magique.

Honoré de Balzac a dit : « Les parvenus sont comme les singes desquels ils ont l’adresse : on les voit en hauteur, on admire leur agilité pendant l’escalade mais arrivés à la cime, on n’aperçoit plus que leurs côtés honteux ». Peinture ne pourrait pas être plus réaliste pour rendre compte de la situation de ceux qui gouvernent Ndoumbélane aujourd’hui.

De grands intellectuels, des journalistes autoproclamés d’investigation, des membres de la société civile, des hommes d’affaire, etc. jadis offerts en modèles, sont aujourd’hui aux commandes à Ndoumbélane. Mais l’exercice du pouvoir a finalement révélé leur sombre nature, leurs limites à la fois éthiques et intellectuelles. « La critique est aisée, mais l’art est difficile » cette formule de Philippe Néricault n’a jamais été autant confirmée que dans le microcosme politique au pays du roi-singe.

Ils avaient critiqué les marchés de gré à gré, l’impunité, la corruption, l’achat des consciences, le clanisme, la violence policière, la transhumance. Mais le grand paradoxe est que c’est sous leur règne que de telles attitudes se manifestent de façon à la fois ostensible et industrielle. Dans le monde des carnivores, il y a deux catégories : les prédateurs et les opportunistes qui mènent une existence de charognard.

Il en est exactement de même pour le monde politique : les héros sont souvent l’objet de complots et de critiques acerbes de la part des charognards qui ne sont motivés que par leur part du butin. Un charognard ne pourra jamais garantir aux siens une survie décente, car il ne peut pas tuer des proies. C’est à peine si les carcasses que contrôle le roi-singe suffisent à satisfaire sa voracité. Ce n’est donc pas un hasard si la vie à Ndoumbélane devient de plus en plus dur : on ne mange plus à sa faim au pays du roi-singe, même l’eau source de vie y est devenue un denrée rare.

Plus on avance, davantage on découvre la candeur du roi-singe et plus son peuple croupit sous le poids implacable d’une misère insondable. Prompt à racler les titres et les nominations sur la scène internationale, il ne se rend même pas compte qu’il est choisi par ses pairs pour sa candeur et sa malléabilité.

Il faut le voir dandiner dans les grandes foires du monde, pavoisant avec des titres enfantins que les partenaires de Ndoumbélane lui concèdent sous forme de pacotille diplomatique pour mesurer l’inqualifiable candeur du roi-singe. Les hordes féroces venus des contrées bénissent ses agissements antidémocratiques parce qu’ils voient en lui le suppôt de leurs intérêts à Ndoumbélane. En réalité le roi-singe est un roi sous tutelle. Il a troqué la souveraineté politique et économique de son pays contre la clémence et la compromission de ses maître venus d’ailleurs. (A suivre)

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2 commentaires

  • tougnoum+gueulem
    16 septembre 2018 15 h 00 min

    C la vérité Alssane. Vivement la suite

  • Rimbro
    16 septembre 2018 16 h 15 min

    Les répondeurs automatiques du roi singe dormeur de doumbélane vont t’insulter Mais on s’en fout seule la vérité fait mal

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