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CAN: le « derby » Cameroun-Gabon divise la ville d’Oyem, capitale du Nord

  • La rédaction La rédaction

Oyem (Gabon) (AFP) – « Nos deux pays sont frères, mais je veux quand même que le Cameroun gagne »: à Oyem, ville du nord du Gabon située à moins d’une centaine de kilomètres de la frontière avec le Cameroun, Arona et ses compatriotes s’apprêtent à vivre un « derby » électrique dimanche (20h00 française, 19h00 GMT) lors du choc du groupe A de la CAN-2017.

Sur son étal du marché d’Oyem, 4e ville du pays, Arona peut se frotter les mains. Les maillots des « Lions indomptables », visibles partout dans la commune lors des deux premiers matches, semblent être les plus prisés.

« Il y a un client qui vient de partir, il n’a pas eu sa taille parce qu’il est trop costaud », raconte-t-il avant le match décisif pour la qualification en quarts de finale entre les deux poids lourds du groupe A

« On sera tous réunis ici, tout ce qu’on veut c’est la victoire », espère Christine, 36 ans, gérante d’un bar du centre-ville qui sert de point de ralliement aux supporters camerounais. oyem

Si le poids de l’immigration camerounaise paraît difficile à quantifier dans cette commune d’environ 70.000 habitants, elle n’en reste pas moins très « ancienne », comme l’explique le maire de la ville Vincent Essono Mengue.

« L’immigration camerounaise, comme équato-guinéenne, est ancienne pour des raisons essentiellement de proximité, économiques et culturelles. Car la province sud du Cameroun est d’ethnie fang comme nous » explique-t-il à l’AFP, tout en rappelant le fait que le Gabon est un « pays sous peuplé » avec seulement 1,6 millions d’habitants contre 22,5 pour le Cameroun.

– ‘Petites menaces’ –

L’enjeu du match semble pourtant prendre le pas sur la coexistence paisible entre les deux communautés. En cas de victoire du Cameroun le Gabon, pays-hôte de la compétition serait éliminé. Plus qu’un affront, une trahison.

« C’est toujours comme ça ! On est en compétition, on est en guerre ! Après quand le match sera fini on se retrouvera en famille », veut croire Modest, 35 ans, qui arbore fièrement un fanion de l’équipe du Gabon autour de son cou.

A Libreville, où la communauté camerounaise est également bien implanté, un journal a par exemple rapporté qu’un chauffeur de taxi camerounais s’était fait agressé mercredi alors qu’il célébrait un but des Lions contre la Guinée-Bissau. « Vous venez narguer les Gabonais? », lui aurait dit son agresseur, cité par le Matin Equatorial.

« Il y a un peu des petites menaces. Si jamais la victoire est du côté des Camerounais, il y a des Gabonais qui disent: ‘On va les voir’. Je ne sais pas mais cela fait un peu peur », s’inquiète Christine, qui vit au Gabon depuis 6 ans.

« On a déjà eu des précédents notamment lors d’un match entre une équipe gabonaise et une équipe camerounaise qui avait mal tourné il y a 15 ans. Il y avaient eu des émeutes mais aujourd’hui c’est une vieille histoire. Je crois qu’ils n’ont aucune raison de craindre cela », veut croire M. Essono Mengue, l’édile d’Oyem.

Louis Marie, survêtement des « Lions indomptables » sur le dos, et résidant depuis deux ans d’Akoakam, « le quartier des camerounais », a la solution pour contenter tout le monde.

« J’aimerais qu’il y ait match nul pour que les deux équipes puissent passer au second tour », espère-t-il. Tout dépendra du scénario de l’autre rencontre Burkina Faso – Guinée-Bissau.

Des supporters du Cameroun avant un match de la CAN contre la Guinée-Bissau, le 18 janvier 2017 à Libreville

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