Babacar Sané Ba : Washington notamment pour le financement multilatéral et la crédibilité financière, Abu Dhabi davantage pour les capitaux souverains et les partenariats économiques

Débutée le 14 septembre, la tournée de Bassirou Diomaye Faye à Washington, les 14 et 15 septembre, puis à Abu Dhabi, les 16 et 17 septembre, constitue son premier grand voyage officiel hors du continent africain. Elle engage une séquence diplomatique centrée sur l’économie, avec un double objectif : diversifier les alliances du Sénégal et attirer des investissements directs étrangers, dont le niveau a fortement chuté. Pour l’expert Babacar Sané Ba, cette diplomatie économique doit relier la restauration de la confiance financière à la mobilisation de capitaux et à la création d’emplois.

Washington, la confiance financière

Le déplacement aux États-Unis intervient après un accord conclu avec les services du Fonds monétaire international sur les politiques économiques devant accompagner une nouvelle facilité élargie de crédit. Ce programme, estimé à environ 2,2 milliards de dollars sur 36 mois, doit soutenir les réformes prévues pour la période 2026-2029.

À Washington, le chef de l’État doit rencontrer des responsables de l’administration américaine ainsi que des acteurs du secteur privé. L’accord avec le FMI doit encore franchir plusieurs étapes, dont l’approbation de la direction et du conseil d’administration de l’institution, ainsi que l’obtention des garanties de financement nécessaires. Dans ce contexte, Babacar Sané Ba considère la capitale américaine comme un passage destiné à renforcer la crédibilité économique du Sénégal auprès des institutions financières internationales et des partenaires au développement.

Selon lui, la confiance financière peut rassurer les bailleurs, les investisseurs et les marchés, indique Rts. Le futur programme avec le FMI pourrait aussi faciliter la recherche d’autres financements auprès de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et d’autres partenaires.

Abu Dhabi, les capitaux et les partenariats

La seconde étape doit compléter le volet multilatéral américain par une démarche tournée vers les capitaux souverains et les partenariats économiques. L’expert cite notamment les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’industrie, la logistique, le numérique, l’eau et les projets structurants parmi les secteurs susceptibles de bénéficier de cette orientation.

Cette approche vise également à faire évoluer les relations extérieures du Sénégal vers l’investissement, le commerce, le transfert de technologies et la transformation locale. Elle répond à la nécessité de compenser la chute des investissements directs étrangers en élargissant les sources de capitaux. Babacar Sané Ba estime ainsi que le pays doit réduire la place d’une diplomatie fondée principalement sur l’aide et l’endettement au profit d’une diplomatie de l’investissement.

La diversification des partenaires constitue un autre axe de cette stratégie. Les États-Unis, les institutions de Bretton Woods, l’Europe, les pays du Golfe, l’Asie et les nouveaux pôles de capitaux mondiaux sont cités comme des espaces à renforcer, afin d’élargir les possibilités de financement du pays et de ne pas dépendre d’un nombre limité d’alliances.

Des résultats à mesurer

Cette orientation doit être reliée à la vision Sénégal 2050, selon l’expert. Chaque déplacement présidentiel à dimension économique devrait être évalué à partir d’éléments précis : le volume des investissements mobilisés, les secteurs concernés, le transfert de technologies et la part de valeur ajoutée produite localement.

La question des emplois figure aussi parmi les résultats attendus de cette conversion de la diplomatie en activité économique. Dans cette tournée inaugurale hors d’Afrique, les rencontres avec l’administration américaine, le secteur privé et les partenaires du Golfe doivent donc se traduire par des engagements vérifiables. Dans son analyse, Babacar Sané Ba résume l’articulation entre les deux étapes : Washington doit consolider la confiance, tandis qu’Abu Dhabi doit favoriser l’investissement.

La conférence des Nations unies sur l’eau de 2026 doit se tenir à Abu Dhabi après une réunion préparatoire organisée à Dakar.

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