Babacar Ba interpelle Diomaye Faye après le rapport américain sur la transparence

Le Sénégal est-il suffisamment transparent dans la gestion de ses finances publiques ? Le Département d’État américain l’a récemment classé parmi les pays ne répondant pas aux exigences minimales en la matière.

Cette évaluation vise notamment l’accès aux documents budgétaires, leur exhaustivité et leur fiabilité. Elle porte aussi sur la transparence des procédures liées aux contrats et aux licences d’exploitation des ressources naturelles. Le rapport précise que ce classement ne constitue pas, à lui seul, une appréciation du niveau de corruption du pays.

La réaction de Babacar Ba au rapport américain est directe. L’ancien vice-président de l’OFNAC, qui préside l’ONG Forum du justiciable, juge cette appréciation « rien de surprenant ». Il met en cause les insuffisances dans la publication et le suivi des données financières. Comme l’écrit Seneweb, il estime que la Cour des comptes et l’Inspection générale d’État ne sont pas à jour de leurs rapports.

Cette question prend une dimension particulière avec le débat sur les fonds politiques, dont la gestion met à l’épreuve la promesse de transparence portée par le président Bassirou Diomaye Faye, dans un contexte de forte tension budgétaire. Leur montant est passé de 650 millions de FCFA sous Abdou Diouf à 8 milliards sous Abdoulaye Wade, tandis que les dépenses réelles ont atteint 108 milliards entre 2008 et 2012. L’enjeu ne porte donc pas seulement sur l’existence de crédits budgétaires, mais sur leur traçabilité et le contrôle de leur utilisation.

Babacar Ba évoque également les revenus issus du pétrole. Selon lui, la part de la production revenant à l’État en numéraire a pu ne figurer dans aucune déclaration officielle. Il s’interroge aussi sur la dotation réellement affectée au Fonds intergénérationnel, destiné à préserver une partie des revenus des ressources naturelles pour les générations futures.

Le débat sur la dette renforce encore ces interrogations. Le FMI a évoqué une « décision très consciente de sous-estimer le stock de la dette » et une possible « intention explicite de dissimulation de certains engagements ». La Cour des comptes, elle, n’a pas utilisé l’expression « dette cachée » dans son rapport. Cette différence de formulation n’efface pas l’enjeu central : disposer de données financières complètes et fiables pour mesurer réellement la situation du pays.

Le Sénégal avait déjà été placé dans cette catégorie lors d’évaluations américaines précédentes, notamment dans le rapport consacré à l’exercice 2023. Face à cette situation, Babacar Ba interpelle le président Bassirou Diomaye Faye : « Monsieur le Président de la République, notre pays souffre d’un grave déficit de transparence ».

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