La Haute Autorité du Waqf (HAW) a réuni, ce jeudi 5 mars 2026 à Dakar, les acteurs clés de l’écosystème financier et social lors de son deuxième Iftar institutionnel. Cet événement annuel a permis de dresser l’état des lieux de cet instrument de solidarité et d’esquisser ses perspectives de développement au Sénégal, devant un public composé d’autorités publiques, de leaders religieux et de partenaires techniques.
Dans son intervention, le président de la Commission de supervision de la HAW, El Hadji Amar Lo, a rappelé la position pionnière de l’institution en Afrique subsaharienne. L’architecture de la structure s’appuie sur une Direction générale et une Commission de supervision garante de la conformité et de la bonne gouvernance. Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, cette exigence de transparence est présentée comme le socle nécessaire pour consolider la confiance et mobiliser des ressources au service de la justice sociale, en cohérence avec les objectifs de l’Agenda Sénégal 2050.
Le bilan chiffré, exposé par le directeur général Ahmed Lamine Athie, illustre la dynamique de ce mécanisme. Entre janvier 2025 et janvier 2026, l’institution a enregistré douze nouveaux waqf privés, totalisant une valeur de plus de 408 millions de francs CFA. Si le volume global des waqf formalisés atteint aujourd’hui plus de 4,6 milliards de francs CFA, un gisement financier particulièrement important reste en marge du circuit officiel. Les estimations de la HAW révèlent en effet que le potentiel des waqf non encore formalisés dépasserait la barre des 17 milliards de francs CFA.
Venu représenter le Premier ministre, le ministre de l’Éducation nationale, Mamba Guirassy, a souligné l’apport de ce mécanisme dans la consolidation des filets de solidarité nationale. La rencontre a également été l’occasion de remettre huit attestations de constitution à des waqf privés formalisés au cours de l’année écoulée.
Pour rappel, le waqf est un mécanisme de financement qui consiste à immobiliser un bien (fonds, terrain ou immobilier), de manière perpétuelle ou temporaire, afin que les revenus générés soient alloués au financement d’actions sociales ou d’intérêt général.