Au Sénégal, avant son limogeage du 22 mai 2026, Ousmane Sonko avait pris position sur les consultations engagées autour de la formation d’un gouvernement. Il expliquait que, selon lui, un exécutif se constitue normalement avec la force politique majoritaire et ajoutait que sa formation n’avait pas été associée aux échanges ayant conduit à la nomination d’un Premier ministre, ni aux consultations en cours pour mettre en place l’équipe gouvernementale.
Dans la même séquence, l’ex-Premier ministre disait ne pas vouloir bloquer le pays avec sa majorité parlementaire et avançait une issue par le dialogue. Il affirmait que Pastef restait disponible pour une discussion qu’il souhaitait dégagée des considérations d’ego afin de trouver un cadre de gouvernance apaisé, comme l’a rapporté Rewmi. Ousmane Sonko précisait aussi que cet échange ne devait pas se faire autour des personnes, mais à partir des orientations et du programme de Pastef.
Il appelait par ailleurs le président Bassirou Diomaye Faye à la responsabilité, en soutenant que la configuration institutionnelle du moment ne permettait pas, selon lui, de rester dans un système d’hyper-présidentialisme. Cette prise de position intervenait avant une rupture politique devenue ouverte par la suite. Le 22 mai 2026, Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions d’Ousmane Sonko ainsi qu’à celles de l’ensemble du gouvernement, ouvrant une nouvelle séquence politique déjà marquée par des désaccords anciens entre les deux hommes.
Ces tensions n’étaient pas nouvelles. En juillet 2025, Ousmane Sonko avait publiquement évoqué un « problème d’autorité » dans le pays, puis début mai, Bassirou Diomaye Faye avait dénoncé une « personnalisation excessive » du pouvoir au sein de Pastef. Dans ce contexte, la question institutionnelle reste posée, d’autant que, pour le quinquennat en cours, le président Diomaye Faye peut encore dissoudre une dernière fois l’Assemblée nationale dans environ six mois.