L’Amicale des inspecteurs du Trésor du Sénégal (AITS) a consacré une journée de réflexion au rôle du Trésor public, considéré comme un pilier des finances de l’État.
Ce rendez-vous, qui a réuni des inspecteurs venus de tout le territoire national, des représentants de la société civile, de l’Assemblée nationale et des partenaires des collectivités territoriales, a été présenté comme un temps fort par le président de l’AITS, Mamadou Diop. Selon Dakaractu, cet inspecteur principal du Trésor a retracé la trajectoire de cette administration, née avec l’indépendance, qui a toujours accompagné les réformes de l’État et assuré la continuité financière du pays.
Une fiscalité locale encore en chantier
Mamadou Diop a reconnu que la viabilité financière des collectivités territoriales constitue un défi permanent. « Ce n’est pas un problème nouveau que l’on règle une fois pour toutes », a-t-il souligné, comparant la vie d’une collectivité à celle de tout un chacun, confrontée à des difficultés structurelles et conjoncturelles. Il a évoqué une conjoncture internationale contraignante et, au niveau interne, une réforme fiscale « encore en gestation » dans le prolongement de la décentralisation.
La réforme s’inscrit dans le cadre de l’Acte IV de la décentralisation, lancé en 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye. Lors des concertations territoriales, 80 % des élus locaux avaient rejeté l’option radicale initialement envisagée.
Face à ce constat, les spécialistes du Trésor entendent apporter leur pierre à l’édifice. « Nous voulons aider l’État à bâtir les meilleures architectures institutionnelles et à développer des services financiers adaptés, afin d’éviter toute discontinuité dans les fonctions financières de l’État, en particulier au niveau local », a déclaré Mamadou Diop, cité par Dakaractu.
L’autonomie financière des 553 communes stagne à 46 %, selon les données du ministère de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales.
