Assane Diop charge Diomaye et Sonko : « Ils ont tout cassé »

Dans une tribune au ton particulièrement critique, Assane Diop, analyste politique et membre du Cercle des Cadres de la République des Valeurs (CECAR), dresse un bilan sévère des deux premières années de pouvoir de Pastef. Pour lui, les promesses de rupture ont laissé place à une profonde crise économique, sociale et institutionnelle.

« Ils ont cassé l’économie, la confiance et l’avenir » . C’est en substance le violent réquisitoire d’Assane Diop. « Deux ans seulement, et déjà le sentiment d’un pays cassé », lance-t-il, estimant que le nouveau pouvoir a progressivement reproduit, voire amplifié, les travers qu’il dénonçait lorsqu’il était dans l’opposition.

Selon lui, l’Assemblée nationale aurait perdu sa fonction de véritable espace de débat, tandis que la question des fonds spéciaux et l’indépendance de la justice continueraient de susciter des interrogations.

L’analyste politique revient également sur les années d’opposition de Pastef, qu’il accuse d’avoir contribué à fragiliser le pays. Il évoque notamment les violences, les destructions d’infrastructures et les atteintes aux institutions, estimant que « ce n’était pas de la contestation.

C’était du vandalisme politique ». À ses yeux, cette logique aurait ensuite été transposée dans la gestion du pouvoir.

Sur le terrain économique, Assane Diop décrit une situation particulièrement préoccupante. Il dénonce l’érosion du pouvoir d’achat, la vie chère, le chômage des jeunes diplômés et les difficultés rencontrées par les classes moyennes. Il estime également que le secteur privé est pénalisé par « l’incertitude, la défiance et l’improvisation ».

Pour l’auteur de la tribune, la crise actuelle serait aussi liée aux tensions au sommet de l’État. Il pointe « la rivalité ouverte entre le président et son ex-Premier ministre, actuel président de l’Assemblée nationale », qu’il considère comme un facteur de fragilisation de l’action publique.

La question de la dette constitue également un axe majeur de son réquisitoire. Assane Diop estime que la révélation de la dette dissimulée a provoqué une crise de confiance et que la rupture avec le Fonds monétaire international a accentué les difficultés financières du pays.

Il fustige ainsi ce qu’il qualifie de « souverainisme de façade, sans stratégie, sans rigueur, sans résultats ».

Malgré ce constat alarmiste, l’analyste refuse de considérer le Sénégal comme condamné. Il rappelle les nombreux atouts du pays, notamment sa position géostratégique, ses ressources en pétrole et en gaz, son potentiel agricole et halieutique ainsi que son capital humain.

Pour sortir de la crise, il appelle à « réparer » en mettant fin à l’opacité sur les fonds publics, en apaisant les relations au sommet de l’État et en recentrant les politiques publiques sur l’emploi, le pouvoir d’achat, le secteur privé et la réforme administrative.

Assane Diop considère par ailleurs le nouvel accord avec le FMI comme une opportunité à saisir.

« C’est un outil, pas une finalité. Un levier, pas une béquille », souligne-t-il, appelant à utiliser ce cadre pour relancer durablement la production de richesses et créer des emplois.

En dernière instance, l’auteur résume sa position dans une formule qui donne son titre à sa tribune : « Ils ont tout cassé. À nous de tout reconstruire. »

Il appelle ainsi à tourner la page de la confrontation politique pour privilégier une gouvernance fondée sur la responsabilité, le respect des institutions et la restauration de la confiance.

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