Après plusieurs mois de tensions sur le financement, le Sénégal a obtenu un premier signal favorable du marché régional à la suite du lancement du Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS) et de l’accord technique conclu avec le FMI. Ce rapprochement intervient alors que les discussions entre Dakar et l’institution ont officiellement débuté lors des Assemblées annuelles d’octobre 2025 et qu’une mission du FMI séjourne à Dakar pour poursuivre les négociations sur un nouveau programme de financement.
L’enjeu dépasse l’accès immédiat aux liquidités. Le président Bassirou Diomaye Faye entend refonder le modèle productif autour de la souveraineté, de la justice sociale et de la prospérité partagée, dans le cadre de la Vision 2050 et de la Stratégie nationale de développement. Le FMI, lui, conditionne son soutien au respect de cadres d’intervention et d’équilibres macroéconomiques orthodoxes, alors que les discussions portent notamment sur les réformes attendues et la question de la dette cachée. Les autorités sénégalaises ont multiplié les signaux d’ouverture ces derniers mois, avec la réception de missions techniques et l’amorce de discussions pour ce nouveau programme.
Le Trésor ciblait 100 milliards de FCFA lors de l’adjudication du 11 septembre. Les investisseurs ont proposé environ 109,02 milliards, dont 101,34 milliards ont finalement été retenus. Le pays a ainsi légèrement dépassé son objectif de mobilisation.
La structure des souscriptions constitue le principal enseignement de l’opération. Les titres à trois et cinq ans ont représenté environ 75 % du montant mobilisé, signe que les investisseurs acceptent de nouveau de prêter au Sénégal sur des échéances intermédiaires plutôt que de privilégier uniquement le court terme. Cette évolution est présentée avec prudence dans l’analyse publiée par dakar92.
Le professeur Amath Ndiaye estime que le maintien, pour le moment, de la dette libellée en FCFA en dehors du périmètre du PTDS réduit le risque immédiat d’une restructuration des titres détenus sur le marché régional. Selon lui, cette décision contribue aussi à préserver le système financier de l’UMOA.
Dans le camp politique, le parti KIIRAAY (Les Patriotes Républicains) salue un « retour au réalisme économique » de l’État. Son coordonnateur départemental, Cheikh Ibrahima Diallo, qualifie l’accord avec le FMI et le PTDS de « courageux retour aux réalités macroéconomiques », estimant que le Sénégal vient d’échapper à une impasse financière majeure qui menaçait directement la stabilité sociale du pays.
L’économiste considère par ailleurs que l’accord avec le FMI peut renforcer la crédibilité du cadre macroéconomique, tandis que de futurs financements concessionnels pourraient réduire la dépendance du Sénégal aux émissions régionales coûteuses. Il souligne toutefois qu’une seule opération ne permet pas d’établir que l’amélioration observée provient exclusivement des annonces liées au PTDS et au FMI.
Pour le BAT à 364 jours, le rendement moyen pondéré s’est établi à 7,87 %.
