And-Jëf/PADS juge illégitime une révision constitutionnelle sans référendum

Le secrétaire général d’And-Jëf/PADS, Mamadou Diop Decroix, met en garde contre une révision constitutionnelle qui se ferait sans l’aval du peuple, dans une contribution publiée par Dakarmatin. Il estime que toute transformation profonde des institutions par la seule voie parlementaire « contreviendrait à l’esprit de notre Loi fondamentale et au principe supérieur de la souveraineté populaire ».

Le projet de réforme, porté par le président Bassirou Diomaye Faye, prévoit notamment la création d’une Cour constitutionnelle, le renforcement des pouvoirs du Premier ministre et l’interdiction pour le chef de l’État de diriger un parti. Le Conseil constitutionnel, saisi pour avis, a validé l’initiative tout en imposant des corrections comme le verrouillage de la limitation des mandats présidentiels. Ces changements, selon M. Diop Decroix, ne sauraient être décidés par une Assemblée nationale dont la représentativité est faussée par le mode de scrutin. Il rappelle qu’avec 55 % des suffrages, la majorité actuelle n’aurait pas obtenu les 97 députés nécessaires pour réviser la Constitution si les élections étaient à la proportionnelle intégrale.

L’ancien député appelle l’ensemble de la classe politique à « faire preuve de retenue et d’esprit de responsabilité » afin d’éviter des « confrontations nuisibles à la paix et à la stabilité du pays ». Il souligne que les grandes révisions constitutionnelles de 1963, 2001 et 2016 ont toutes été soumises au référendum populaire. En 2017 déjà, il avait déposé une proposition de loi pour corriger les effets les plus contestables du mode de scrutin, sans succès. Avec un scrutin proportionnel intégral, la majorité actuelle n’aurait obtenu que 91 des 97 sièges nécessaires pour modifier la loi fondamentale.

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