Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a répliqué ce vendredi sur X aux accusations d’Ousmane Sonko, affirmant que « chercher à faire du patriotisme le monopole d’un seul camp revient à le trahir », le tout assorti du proverbe wolof « Gàtt xël weesu wul », un appel à l’humilité. Cette sortie marque une rupture avec la réserve qu’il observait jusqu’ici à l’égard du président de l’Assemblée nationale.
La passe d’armes fait suite à une conférence de presse tenue par Ousmane Sonko le 12 juillet 2026 à Touba, lors de l’inauguration du nouveau siège de Pastef, selon ndarinfo. Devant ses militants, le leader du parti a révélé détenir des informations selon lesquelles Al Amine Lo aurait déclaré, en réunion confidentielle, que sa priorité était désormais l’amélioration du climat des affaires. Il a qualifié cette orientation de « sabotage » de la ligne dure défendue sur le pétrole, le gaz et les phosphates. « Je déclare ici que nous allons faire des séries de motions de censure si Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Al Amine Lô ne reculent pas dans cette posture de sabotage », a-t-il averti.
Nommé Premier ministre le 26 mai 2026, au lendemain du limogeage d’Ousmane Sonko et de la dissolution de l’exécutif, Al Amine Lo avait officiellement pris ses fonctions le 29 mai. Il avait alors sollicité les conseils de son prédécesseur, affichant une volonté de continuité que les événements ont vite balayée. Dès le début juin, il rappelait que « la Patrie et la République » devaient primer sur toute considération partisane. Ousmane Sonko l’a depuis invité à se cantonner à un rôle de « technocrate » et à « se limiter aux chiffres », tout en brandissant la menace de motions de censure répétées face à ce qu’il présente comme une dérive.
