Lors de sa déclaration de politique générale, mardi 8 septembre 2026, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a présenté sa stratégie pour faire baisser le coût de la vie au Sénégal, dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires sont fortement réduites. La dette publique a atteint 25 583 milliards de FCFA fin 2024, soit 128,6 % du PIB, et la dette extérieure en représente 68,3 %.
Son approche repose d’abord sur la réduction des coûts de production et sur le développement des secteurs dans lesquels le pays dispose de capacités. La baisse du coût de la vie doit ainsi passer par une production nationale plus importante, afin de limiter la dépendance aux importations alimentaires. Cette priorité répond aussi à une faiblesse persistante de la croissance : hors hydrocarbures, elle n’a atteint que 2,2 % en 2025, un niveau inférieur au taux de natalité, établi à 3 %.
Le gouvernement veut aussi agir sur l’énergie. La progression de l’utilisation du gaz national doit réduire progressivement les coûts liés à la production d’électricité. Cette évolution doit également permettre de mieux orienter les subventions et de faire diminuer le prix de l’électricité pour les ménages qui n’en bénéficient pas, a expliqué le chef du gouvernement (Rewmi).
La question du ciblage se pose d’autant plus que, selon le ministre de l’Économie, 65 % des subventions bénéficient aux 20 % des ménages les plus aisés. Le gouvernement prévoit donc de remplacer progressivement les subventions généralisées par un dispositif concentré sur les ménages vulnérables, afin de préserver le pouvoir d’achat tout en limitant le coût pour les finances publiques.
L’agriculture constitue un autre axe de cette stratégie. Les objectifs annoncés concernent notamment le riz, les pommes de terre, les oignons, la viande et le lait. Le développement des chaînes de transformation doit renforcer la valorisation des productions locales et réduire les importations destinées à l’approvisionnement du marché intérieur.
Ahmadou Al Aminou Lô estime que la maîtrise des coûts dépendra donc du lien entre souveraineté productive et pouvoir d’achat. Il a défendu une capacité accrue du Sénégal à produire les biens consommés par sa population, tout en reconnaissant que le pays ne dispose pas aujourd’hui des moyens de financer toutes ses ambitions. Il a prévenu que le Sénégal allait encore s’appauvrir en 2026.
« Produire chez nous pour payer moins cher chez nous », a déclaré le Premier ministre devant les députés.
