Comment renforcer la démocratie en Afrique au-delà du simple exercice électoral ? C’est la question qui a réuni experts et acteurs de la société civile lors des troisièmes Assises de la Démocratie, à Dakar, du 24 au 26 juin 2026.
Organisée par la Fondation de l’innovation pour la démocratie, en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie, le Musée Théodore Monod et l’Institut français de Dakar, la rencontre a été l’occasion de partager des expériences innovantes, a rapporté LII Quotidien.
« Nourrir, cultiver, redistribuer les compétences démocratiques »
Président de la fondation, Achille Mbembe a livré un plaidoyer sans détour. « Les compétences démocratiques ne naissent pas spontanément. Il faut les nourrir, les cultiver, les redistribuer », a-t-il insisté, appelant à un appui financier et pédagogique renforcé aux initiatives emblématiques déjà en cours sur le continent.
Une analyse qui fait écho à celle exprimée plus tôt dans l’année par un autre acteur de la société civile sénégalaise. En février 2026, Doudou Dia, directeur exécutif du Gorée Institute, avait averti que l’absence de satisfaction des besoins primaires condamnait l’Afrique à l’instabilité. À Dakar, les discussions ont cherché à dépasser ce constat en explorant des voies de transformation structurelle.
Pour Achille Mbembe, la priorité est aussi économique. « L’économie néolibérale qui domine aujourd’hui nos vies est destructrice des vies », a-t-il déploré, plaidant pour un nouveau modèle de développement qui valorise l’humain et s’enracine dans les savoirs africains. Plusieurs communautés organisées autour d’initiatives de coprospérité, dans les champs culturels, artistiques ou institutionnels, ont illustré cette approche lors des assises.
Les Assises de la Démocratie visent à réarmer la pensée critique, à contribuer à l’éveil de l’intelligence démocratique et à redéfinir la place de l’Afrique dans le monde. Elles entendent également faire connaître la longue histoire des pratiques démocratiques africaines et enrichir l’imaginaire politique continental. Parmi les exemples partagés, des modèles de coprospérité fondés sur les savoirs endogènes dans les domaines du marché, de la culture et de la réinvention des institutions ont été mis en avant.
« La grande transformation de notre continent est à l’ordre du jour et ne se fera pas uniquement par les forces de l’argent et du capital », a prévenu Achille Mbembe.

