Dans le cadre d’une visite officielle en République populaire de Chine, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, El Malick Ndiaye, a conduit une délégation sénégalaise sur le terrain pour observer de près les mécanismes de « démocratie de proximité » en vigueur à Chongqing, métropole du sud-ouest chinois.
Au cœur de l’agenda, la découverte de structures locales de liaison législative, conçues comme des ponts entre les citoyens et le processus législatif.
Ces organes permettent aux populations de « formuler directement des avis, préoccupations et propositions sur les projets de loi et les politiques publiques », intégrant de fait une dimension participative aux dispositifs institutionnels locaux.
« Ce sont des cadres formels d’expression citoyenne », où les habitants peuvent participer activement à la vie législative avant que les textes ne soient adoptés, dans une logique de gouvernance locale consolidée.
Participation citoyenne à la chinoise : quelles implications ?
Dans le modèle observé par la délégation sénégalaise, plusieurs éléments clés ressortent :
Possibilité pour les citoyens de proposer des amendements et des idées directement aux organes législatifs locaux, par le biais de plateformes de consultation et de points de liaison adaptés.
Assemblées populaires de base qui recueillent l’avis des habitants sur les politiques publiques et les projets législatifs, avant transmission aux instances supérieures.
Structures de proximité, qualifiées par certains observateurs de « bureaux de sensibilisation législative » ou de lieux d’échange entre élus et populations, visant à renforcer la prise en compte des aspirations citoyennes dans les décisions publiques.
Ce modèle de démocratie participative, ancré dans le système chinois, dépasse la simple communication institutionnelle : il forge des liens institutionnels entre l’échelon local et national, en plaçant le citoyen au cœur d’un dialogue politique structuré.
Pourquoi cette visite intéresse Dakar ?
Pour El Malick Ndiaye, l’enjeu est clair, « approfondir la compréhension des mécanismes de participation citoyenne et de démocratie de base, dans une logique de partage d’expériences et de bonnes pratiques entre les institutions législatives sénégalaise et chinoise ».
La démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de coopération institutionnelle qui pourrait, à terme, inspirer des réflexions au Sénégal sur la création de nouvelles formes d’interaction entre les citoyens et le Parlement, notamment dans un contexte où les innovations démocratiques font partie des priorités de l’agenda politique national.
Un modèle à adapter, pas à copier
Les experts notent toutefois que ce type de modèle, fortement ancré dans les dispositifs politiques chinois, devra être adapté aux réalités constitutionnelles et sociales du Sénégal.
Les approches participatives ne sont pas étrangères à Dakar; par exemple, la plateforme numérique Jubbanti, lancée en 2025 pour recueillir les opinions des citoyens sur les enjeux de gouvernance, est déjà un outil tentant d’élargir la consultation publique.