Accusé de pédophilie sur une fillette de 3 ans : un imam acquitté après 4 ans de détention provisoire

Poursuivi pour pédophilie et détournement d’une mineure de 3 ans, l’imam Mouhamed Camara, dit « Oustaz », a été acquitté ce mardi 21 juillet par la Chambre criminelle de Dakar. Le religieux de 69 ans recouvre la liberté après quatre années passées en détention provisoire, le tribunal ayant balayé des accusations qu’il qualifiait de complot.

L’affaire remonte au 24 février 2022, rapporte Les ehos. La mère de la fillette, qui partageait la même cour que l’accusé à la Cité Asecna, l’avait dénoncé après avoir constaté un comportement inhabituel chez son enfant. La gamine aurait alors désigné l’imam, décrivant avec précision l’intérieur de sa chambre (lit, télévision, exemplaires du Coran) — une configuration confirmée par la perquisition des gendarmes. De plus, un certificat médical faisait état d’ecchymoses de 3 cm, bien que l’hymen soit resté intact.

La thèse de la cabale pour le contrôle de la mosquée

À la barre, Mouhamed Camara a catégoriquement nié les faits, dénonçant une machination orchestrée par la mère de la fillette. Selon lui, cette accusation n’était qu’un « deal » visant à l’évincer de son poste d’imam au profit d’un autre individu. Une ligne de défense consolidée par le témoignage de son cousin, qui a fourni un alibi détaillé prouvant qu’il était avec l’accusé tout au long de la journée des faits présumés.

Fait marquant de l’audience : ni la mère ni la fillette ne se sont présentées devant le juge pour soutenir leurs accusations.

Si le procureur a requis la culpabilité en laissant la peine à l’appréciation du juge, la défense, assurée par Mes François Kandjiack Senghor et Daff, a dénoncé des supputations sans preuves matérielles. Les avocats ont réclamé que la dignité de leur client lui soit rendue. Le tribunal a finalement suivi la défense en prononçant l’acquittement de l’imam, incarcéré depuis le 24 mai 2022.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

2 commentaires

  1. L’instauration d’un Juge des libertés et de la détention n’est plus une option au Sénégal : c’est une urgence démocratique.
    Aujourd’hui, il suffit qu’un procureur le décide pour qu’un citoyen soit jeté en prison, peu importe qu’un témoin oculaire fournisse un alibi en béton armé. Résultat des courses ? Trois longues années de détention préventive pour finalement élargir un vieillard de presque 70 ans, pendant que le fameux « accusateur », lui, ne daigne même pas se présenter le jour du procès.
    Au Sénégal, le principe fondamental de la présomption d’innocence a été discrètement enterré. C’est désormais à l’accusé de prouver sa bonne foi… depuis le fond d’une cellule. Une simple accusation de viol suffit : le procureur vous expédie à Rebeuss sans même jeter un œil aux conclusions des enquêteurs.
    Qu’un juge, un magistrat ou un éminent juriste vienne enfin nous expliquer ce qui tourne à l’envers dans notre justice !

Laisser un commentaire