Abdoulaye Wilane refuse un chèque en blanc au Gouvernement sur le programme FMI

Abdoulaye Wilane appelle le Gouvernement à assumer ses choix économiques et à expliquer clairement le coût du programme conclu avec le Fonds monétaire international. Le porte-parole du Parti socialiste refuse de lui accorder un « chèque en blanc ».

La situation financière du Sénégal est grave, reconnaît-il. La dette est lourde et les marges de manœuvre sont réduites. Le pays doit aussi restaurer sa crédibilité financière. Mais, après plus de deux années au pouvoir, l’exécutif ne peut plus limiter son discours à l’héritage des régimes précédents.

La position d’Abdoulaye Wilane sur le FMI repose sur une exigence de clarté. « Le Gouvernement doit présenter l’équation avant de présenter la facture », affirme-t-il. Dans un entretien au micro de Dakaractu Mbour, il demande notamment que les autorités indiquent les recettes supplémentaires attendues, les dépenses qui pourraient être réduites et les catégories qui seront protégées.

Les 2,2 milliards de dollars ne seront pas disponibles immédiatement

Le responsable socialiste met aussi en garde contre une présentation simplifiée du montant de 2,2 milliards de dollars associé au programme avec le FMI. Cette somme correspond à un dispositif prévu sur trois ans, avec des procédures et des décaissements progressifs.

Elle ne doit donc pas être présentée comme un montant immédiatement disponible dans les caisses de l’État. Pour Wilane, cette précision est nécessaire après la succession de chiffres et d’annonces sur les finances publiques.

Son autre préoccupation concerne le coût du redressement pour les ménages. Les factures d’électricité, le transport, les loyers, la santé, la scolarité et l’alimentation sont directement touchés par les décisions budgétaires. Les commerçants, les artisans, les agriculteurs, les salariés et les petites entreprises vivent déjà sous pression, estime-t-il.

L’État appelé à montrer l’exemple

Avant de demander de nouveaux sacrifices aux Sénégalais, Abdoulaye Wilane veut un examen du fonctionnement de l’État. Il cite les dépenses improductives, les doublons administratifs, le gaspillage et les charges qui ne seraient plus justifiables au regard de la situation actuelle.

Le porte-parole du Parti socialiste reconnaît que le train de vie de l’État n’explique pas à lui seul les difficultés financières du pays. Il maintient toutefois qu’un État qui sollicite un effort de la population doit commencer par donner l’exemple.

Il refuse que les salariés, les retraités, les classes moyennes, les familles et les petites entreprises servent durablement de variables d’ajustement. Les réformes des subventions font partie des sujets sur lesquels il demande une protection ciblée des populations.

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