À Saint-Louis, Greenpeace Africa a réuni mercredi les acteurs de la pêche autour des conséquences environnementales liées à la production gazière au large de la ville. L’organisation inscrit cette rencontre, organisée les 9 et 10 septembre, dans son « Advocacy Tour », une tournée menée sur différents sites concernés par les activités pétrolières et gazières ainsi que par certaines pratiques de pêche.
Mamadou Kaly Bâ, chargé de campagne Océan de Greenpeace Africa, a souligné l’importance de cette étape pour une ville côtière située à proximité des activités du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Il a demandé à la société d’exploitation de respecter les plafonds d’émission prévus par la réglementation sénégalaise.
Cette exigence intervient alors que les communautés de pêcheurs de la Langue de Barbarie dénoncent leur faible implication dans le projet GTA. Fama Sarr, secrétaire adjointe du Conseil local de pêche artisanale, estime en outre que beaucoup de recommandations issues des études d’impact environnemental et social n’ont pas été respectées par BP et Cosmos Energy.
Les suites concrètes de l’atelier portent sur l’accompagnement des pêcheurs et des transformatrices de produits halieutiques. Cette rencontre doit notamment leur permettre de mieux documenter les difficultés rencontrées en mer, de porter leurs demandes et de construire une plateforme de revendications communes, comme le rapporte l’APS.
Le plaidoyer des communautés s’appuie désormais sur un nouvel avis international. Saisi il y a 18 mois avec l’appui de l’ONG Lumière Synergie pour le Développement, le Point de contact national britannique de l’OCDE a rendu un avis favorable à la plainte déposée par les pêcheurs contre BP et Cosmos Energy. Cette décision leur fournit un levier supplémentaire pour demander des comptes sur les effets du projet gazier.
La secrétaire adjointe du Conseil local de pêche artisanale a salué cette démarche destinée aux différents acteurs de la chaîne de valeur de la pêche. La tournée prévoit aussi la mise à disposition de moyens pratiques pour soutenir le plaidoyer des communautés.
Au large de Saint-Louis, d’importants gisements de gaz naturel sont associés au projet transfrontalier Grand Tortue Ahmeyim. Dans le cadre de cette campagne, les journalistes ont bénéficié d’une formation consacrée à la crise climatique et aux effets des industries extractives.
