« Tout ce qu’on cuisine ici, le vent et la poussière balayent dessus », déplore Fatou Diouf, vendeuse de repas devant l’hôpital Idrissa Pouye, à Grand Yoff. Elle affirme veiller à la propreté de ses aliments, tout en regrettant de ne pas pouvoir les protéger suffisamment des poussières.
Depuis près de trois ans, Fatou Diouf, également connue sous le nom de Yaye Fall, propose repas et petits déjeuners aux patients, à leurs accompagnants et aux travailleurs du secteur. Elle dit couvrir la nourriture, garder sa cuisine et ses vêtements propres, attacher ses cheveux et porter un tablier. Pour servir, elle utilise une louche ou une cuillère plutôt que ses mains, mais reconnaît ne pas porter de gants.
La vendeuse affirme que la mairie interdit l’installation de bâches, en invoquant l’embellissement de la voie en perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse. « On paye nos patentes, mais on nous interdit les bâches », explique-t-elle. Elle souhaite pouvoir utiliser une protection adaptée aux exigences d’hygiène et à l’aménagement de l’espace public. Les vendeuses disent ne pas recevoir de visites régulières du personnel hospitalier ; le service d’hygiène, lui, passe et peut leur demander leurs documents, dont la carte sanitaire.
À quelques pas, Aminata Dramé vend depuis près de dix ans du fondé, une bouillie de céréales, avec du lait caillé. Elle indique que la préparation est faite à son domicile, puis transportée jusqu’au lieu de vente. Sa production quotidienne est estimée entre six et sept seaux, écoulés principalement entre 11 heures et 13 heures. Les portions coûtent à partir de 100 F Cfa.
Le fondé est servi dans des sachets plastiques, même lorsqu’il est encore chaud. Aminata affirme avoir déjà été sensibilisée à cette pratique, mais souligne que des médecins de l’hôpital achètent eux aussi son produit. Elle se dit prête à utiliser des pots munis de couvercles. Son installation au sol, précise-t-elle, est temporaire, dans l’attente d’un meilleur aménagement.
Ces situations locales rejoignent des préoccupations soulevées au Sénégal le 29 juillet 2026 par Dr Mamadou Ndiaye, expert en sécurité sanitaire des aliments au bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest. Il avait notamment pointé l’exposition des aliments aux intempéries et aux mouches, ainsi que la qualité de l’eau et les difficultés de contrôle des vendeurs mobiles. Dans son reportage, LII Quotidien décrit les pratiques et les contraintes rencontrées par les vendeuses aux abords de l’hôpital Idrissa Pouye et du centre de santé de Sicap Mbao, lors d’une excursion organisée sous l’égide de l’AJSPD en collaboration avec la FAO.
Fatou Diouf dit ne pas conserver indéfiniment les aliments préparés.



