Sénégal : une restauratrice raconte avoir jeté près de 80 000 francs de denrées en une semaine de coupures

Pour les petites entreprises sénégalaises, les coupures d’électricité ne s’arrêtent pas lorsque les lampes se rallument. Les variations de tension peuvent endommager les compresseurs, les moteurs et les cartes électroniques, tandis que les groupes électrogènes augmentent les charges d’exploitation.

Des équipements et des marchandises touchés

À Pikine, Ibrahima reçoit régulièrement des réfrigérateurs, des téléviseurs et des climatiseurs en panne après des interruptions du réseau. Un congélateur de 400 litres coûte autour de 225 000 francs sur le marché dakarois, ce qui rend son remplacement difficile pour de nombreux commerçants.

Les restaurateurs subissent aussi les conséquences de la rupture de la chaîne du froid. Poisson, viande, poulet, produits laitiers et sauces préparées peuvent être jetés après plusieurs heures sans réfrigération. Awa, gérante d’un restaurant à la Médina, affirme avoir perdu près de 80 000 francs de denrées en une semaine.

Dans les boulangeries, les pétrins, les façonneuses et les chambres de fermentation restent dépendants de l’électricité, même lorsque les fours fonctionnent au gaz ou au gasoil. Une interruption au mauvais moment peut compromettre plusieurs sacs de farine. Un boulanger de la banlieue dakaroise, qui utilise une quinzaine de sacs par nuit, estime qu’il peut en perdre deux à trois, soit entre 30 000 et 45 000 francs pour des sacs de 50 kilos.

Le groupe électrogène alourdit la facture

Pour maintenir leur activité, des professionnels utilisent des groupes électrogènes. Le gasoil, vendu 755 francs le litre depuis le 15 août contre 680 francs auparavant, représente une dépense supplémentaire. Le fonctionnement d’un pétrin et de l’éclairage coûte entre 2 000 et 4 000 francs par heure d’interruption, selon la consommation du groupe.

Une boulangerie de Khar Yalla a ainsi consacré 30 000 francs au gazole pour alimenter son installation, sans compter l’entretien, les vidanges et les pièces de rechange. Les commerçants doivent également protéger leurs appareils avec des régulateurs de tension : un modèle de 500 watts coûte autour de 22 000 francs, contre 35 000 francs pour 1 000 watts.

Ces charges s’ajoutent aux coupures d’électricité programmées pour travaux dans plusieurs quartiers de Dakar et de sa banlieue, entre 8 heures et 16 heures, du lundi 21 au dimanche 27 septembre. Le directeur général de la SENELEC, Pape Toby Gaye, a expliqué les perturbations par plusieurs incidents techniques et annoncé un retour à la normale pour le jeudi 24 septembre 2026. Les conséquences économiques pour les artisans et commerçants sont détaillées par senenews.

La SENELEC avait notamment indiqué que la panne du système FSRU de la centrale flottante de Karpowership avait retiré environ 200 mégawatts du réseau, tandis qu’une turbine de Cap des Biches avait également subi une avarie.

Le régulateur de tension de 3 000 watts est vendu autour de 85 000 francs.

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