Le 31 octobre, les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026 débuteront au Sénégal et se poursuivront jusqu’au 13 novembre. Le pays sera alors le premier d’Afrique à accueillir un événement olympique. À l’approche de cette échéance, les fresques murales de Dakar transforment plusieurs axes de la capitale en espaces consacrés au sport, à l’art et à la culture.
Sur la Corniche Ouest, en direction de la place de la Nation, les peintures installées le long d’un axe desservi par le Bus Rapid Transit (BRT) mêlent couleurs, silhouettes d’athlètes et messages liés aux Jeux. À proximité de l’arrêt de la place de la Nation, une composition graphique associe les mots « Sport » et « Art ».
Cette présence dans l’espace public donne une dimension concrète à un rendez-vous attribué à Dakar le 8 octobre 2018, lors de la 133e session du Comité international olympique à Buenos Aires, selon l’APS. Elle intervient alors que la mobilisation autour des JOJ est jugée insuffisante par certains observateurs, qui voient dans l’événement une occasion historique pour le Sénégal, mais aussi un risque de rendez-vous manqué si son impact ne dépasse pas les compétitions.
Les disciplines sportives et les symboles du Sénégal
Le mur de l’ancienne Inspection d’Académie de Dakar présente le cyclisme, le taekwondo, le patinage, la gymnastique, le surf, la lutte sénégalaise, le judo et la natation. Le slogan des JOJ apparaît en français et en wolof. Le mot « respect » renvoie au fair-play, à la tolérance et à la cohésion.
Les œuvres évoquent aussi la mémoire et les traditions du pays. Un lion aux couleurs vives occupe une place centrale, avec des motifs graphiques, des coquillages et un collier de perles rouges, blanches et jaunes. D’autres peintures représentent les Signares lébous.
Près de l’arrêt Dial Diop, les fleurs et les plantes entourent les murs décorés. Face au Centre culturel régional Blaise Senghor, les scènes consacrées à la natation, à la course et au volley-ball côtoient un grand lion aux couleurs du drapeau national, le sceau et le baobab.
Les fresques murales de Dakar font également apparaître une joueuse de volley, des éléments de la culture sérère, le tam-tam, le sabar et des pêcheurs en pirogue. Sadio Mané figure lui aussi parmi les images peintes, aux côtés de slogans en wolof. Ces représentations réunissent ainsi les pratiques sportives et plusieurs références culturelles sénégalaises.
La question de l’appropriation par le public se pose d’autant plus que 964 815 billets sont mis en vente pour les Jeux, dont plus de 300 000 dans le cadre d’un programme solidaire à partir de 1 000 francs CFA. Les fresques participent à cette volonté de rendre l’événement visible et accessible, mais leur portée dépend aussi de la manière dont les habitants s’y reconnaissent.
Les passants ne réagissent pas tous de la même manière. Certains poursuivent leur chemin sans s’arrêter, tandis que d’autres observent les dessins. Boubacar Diallo, vendeur de Garcinia kola, dit ne pas vraiment connaître l’histoire des peintures. Harouna Diallo, originaire de Sinthiou Bamambé dans la région de Matam, apprécie le mélange entre art et culture et affirme regarder les œuvres chaque fois qu’il passe par cet endroit.
Fatou Sonko porte elle aussi un regard enthousiaste sur ces œuvres. Au-delà de leur dimension décorative, elles posent la question de ce que Dakar conservera après le 13 novembre. Un livre consacré aux JOJ Dakar 2026, préparé par le journaliste béninois Frédéric Sohoundé et présenté le 3 octobre par L’Harmattan Sénégal, examine précisément les conditions d’un héritage durable pour le Sénégal et pour l’Afrique. Dans la capitale, les murs décorés donnent déjà à voir cette ambition : faire des Jeux un événement sportif, culturel et urbain dont les effets se prolongent au-delà de la compétition.
