À Bologne, la mort d’Abderrahim Fakir lors d’un contrôle policier soulève une vague d’indignation

La mort d’Abderrahim Fakir, un homme de 43 ans d’origine marocaine, survenue dimanche 19 juillet lors d’une intervention policière dans le quartier du Pilastro à Bologne, suscite une vive émotion en Italie et relance le débat sur les techniques d’immobilisation utilisées par les forces de l’ordre.

Les événements se sont produits dans l’après-midi du 19 juillet, via Svevo. Selon les premiers éléments rapportés par la presse italienne, la police a été alertée par des riverains signalant un homme en état d’agitation, qui aurait donné des coups contre une voiture. Les agents, arrivés sur place avec les secours du 118 (Samu italien), ont d’abord tenté de calmer l’homme avant de recourir à un spray au poivre. Il a ensuite été placé au sol, face contre terre, poignets et chevilles entravés par des liens en plastique.

Après plus de deux minutes de cris, Abderrahim Fakir a cessé de crier et de bouger pendant que les agents terminaient de l’entraver. Une fois l’opération achevée, un policier, remarquant son absence de réaction, lui a donné deux petites tapes sur la joue sans obtenir de réponse. Le premier secouriste s’est approché environ trente secondes plus tard et a retourné son corps sur le côté : l’homme ne donnait plus signe de vie. Une vidéo tournée par un riverain, largement diffusée sur les réseaux sociaux, montre les derniers instants de l’interpellation. On y voit deux agents maintenir le quadragénaire face contre terre, en train de lui ramener les mains derrière le dos.

Cette affaire n’est pas sans rappeler d’autres cas similaires en Italie. Selon le média Internazionale, la police italienne avait diffusé le 11 mai dernier un protocole sur la gestion des personnes non coopératives, mais les premières analyses suggèrent que les agents ayant interpellé Abderrahim Fakir n’auraient pas respecté ces consignes.

Originaire du Maroc, Abderrahim Fakir vivait depuis des années dans la région bolonaise et travaillait comme manutentionnaire. Arrivé en Italie avec sa famille à l’âge de 7 ans, il résidait à Borgonuovo, dans la commune de Sasso Marconi, et travaillait dans une entreprise de logistique. Il s’était rendu au Pilastro ce jour-là pour rendre visite à des proches. Selon plusieurs témoignages, le frère et la sœur de la victime ont indiqué qu’il souffrait de problèmes de santé, une information que l’enquête devra confirmer ou infirmer.

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