Mort d’Abdoulaye Ba : Diagne Fodé Roland révèle le conseil stratégique de la section Ucad qui n’a pas été suivi

Le décès de l’étudiant en médecine Abdoulaye Ba, survenu à la suite d’une intervention des forces de l’ordre à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique et de la société civile. Au-delà de l’émotion légitime, cet événement tragique soulève des interrogations sur la méthode de gouvernance actuelle et la gestion des crises sociales. Dans une contribution publiée par Le Quotidien, Diagne Fodé Roland livre une analyse sans concession, pointant du doigt une rupture de communication entre le sommet de l’État et sa base militante.

Pour l’auteur, si le malaise étudiant est indéniablement un héritage de décennies de gestion qualifiée de « néocoloniale », la réponse apportée par les nouvelles autorités ne semble pas encore marquer la rupture attendue. Le texte met en lumière des contradictions perçues entre les promesses de rationalisation des dépenses et le maintien de certaines pratiques, citant notamment les fonds alloués à des secteurs non prioritaires ou l’opacité persistant autour des fonds politiques. Cependant, c’est sur le plan de la stratégie politique et sécuritaire que la critique se fait la plus précise.

Selon Diagne Fodé Roland, une opportunité d’éviter le drame a été manquée en raison d’une surdité vis-à-vis des structures intermédiaires du parti. Il affirme que si le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko avaient prêté une oreille attentive à la section Pastef de l’UCAD, la situation aurait pu évoluer différemment. Cette instance locale avait en effet formulé une demande explicite : le retrait des forces de l’ordre du campus, bien avant que la situation ne dégénère.

L’analyse suggère que l’écoute de cette recommandation aurait non seulement permis d’apaiser les tensions, mais aussi d’éviter des déclarations officielles jugées « malencontreuses » concernant le financement supposé de certains étudiants par l’opposition. L’auteur déplore que la gestion de cette crise ait révélé une incapacité des services de l’État à anticiper les événements, malgré des alertes lancées dès novembre 2025.

Cette situation amène Diagne Fodé Roland à poser un diagnostic plus large sur l’exercice du pouvoir. Il appelle à une révision du rôle des « experts » et « spécialistes » qui entourent l’Exécutif. Si leur utilité technique n’est pas remise en cause, l’auteur estime qu’ils ne sauraient se substituer aux organes démocratiques et militants du parti pour la prise de décision politique. En convoquant des figures historiques telles que Thierno Souleymane Baal ou Lat Dior, il plaide pour un retour à un pouvoir collégial, où la base militante retrouve son rôle central dans l’élaboration des stratégies et le contrôle de l’action gouvernementale.

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