Mort d’un ressortissant mauritanien à Paris : La raison matérielle invoquée par les policiers pour justifier l’absence d’images

Une vague d’émotion et de revendications a traversé le 20e arrondissement de Paris ce dimanche 25 janvier. Près d’un millier de personnes se sont rassemblées pour exiger la lumière sur les circonstances entourant le décès d’El Hacen Diarra, un ressortissant mauritanien de 35 ans mort en garde à vue. Alors que la famille dénonce des violences policières appuyées par des témoignages visuels, l’enquête se heurte à une absence d’images officielles justifiée par un motif technique précis avancé par les forces de l’ordre.

Le cortège, mené par la famille du défunt, a défilé dans le calme sous le mot d’ordre « vérité et justice ». Comme l’a constaté sur place l’agence Anadolu, les manifestants ont brandi des pancartes ciblant les méthodes d’interpellation, quelques jours après le drame survenu dans la nuit du 14 au 15 janvier. El Hacen Diarra avait été interpellé devant le foyer de travailleurs migrants où il résidait avant d’être conduit au commissariat, où son décès a été constaté.

**Des éléments accablants et une défaillance technique**

Au cœur de la contestation se trouvent les conditions de l’arrestation. Une vidéo amateur, largement relayée sur les réseaux sociaux, montre deux agents maintenant l’homme au sol, l’un d’eux lui assénant deux coups de poing. Une analyse sonore, sollicitée par la famille, permettrait de distinguer la voix de la victime criant : « Vous m’étranglez ! ».

Face à ces éléments, le parquet de Paris a indiqué que les caméras-piétons des agents interpellateurs n’ont pas permis d’enregistrer la scène. Selon nos informations, les policiers ont justifié cette absence d’images par le fait que les batteries de leurs dispositifs étaient déchargées au moment de l’intervention. Cette explication complique l’établissement exact des faits, alors qu’une information judiciaire a été ouverte pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort ».

**La position ferme du ministère de l’Intérieur**

L’affaire a pris une tournure politique avec l’intervention de Laurent Nuñez. Le ministre français de l’Intérieur a écarté, pour l’heure, toute mesure de suspension à l’encontre des fonctionnaires impliqués. « Je m’en tiens à ma ligne », a-t-il affirmé, précisant qu’il n’y avait « aucune raison de suspendre les fonctionnaires tant que leur responsabilité n’est pas établie ».

Si le ministre a concédé que le policier visible sur la vidéo amateur « devra s’expliquer », il maintient que les causes exactes de la mort ne sont pas encore déterminées. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie pour mener les investigations, tandis que la famille d’El Hacen Diarra continue de réclamer l’interpellation immédiate des agents.

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