25 ans après la résolution 1325 : Avancées réelles, défis persistants

Vingt-cinq ans après l’adoption de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité, les avancées enregistrées en Afrique de l’Ouest et au Sahel demeurent insuffisantes au regard des défis persistants. C’est le constat dressé par Doudou Dia, directeur exécutif de Gorée Institute, à l’occasion du lancement à Dakar d’une étude régionale intitulée : « Résolution 1325 en Afrique de l’Ouest et au Sahel : lecture féministe des dynamiques nationales, convergences et résistances locales ».

Organisée sous le thème « Après 25 ans de 1325 : vers quel futur féministe de la paix ? », la rencontre a réuni des représentants d’institutions nationales et régionales, des chercheurs, des organisations féministes et plusieurs partenaires engagés dans les questions de paix et de sécurité.

Selon Doudou Dia, cette étude menée dans six pays de la région vise à évaluer les progrès réalisés mais également les insuffisances qui freinent encore la pleine mise en œuvre de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité. « Il y a des avancées d’un pays à l’autre, mais il reste énormément de choses à faire », a-t-il souligné au micro de Senego. Le responsable de Gorée Institute cite notamment le cas du Sénégal où des progrès ont été enregistrés sur le plan normatif, notamment avec la loi sur la parité. Toutefois, ces acquis ne suffisent pas à garantir une transformation profonde des réalités vécues par les femmes.

Le défi du financement

Pour Doudou Dia, l’un des principaux obstacles demeure le manque de ressources consacrées aux politiques publiques en faveur des femmes. Il estime que les ministères chargés des questions féminines disposent souvent de moyens limités pour mettre en œuvre leurs programmes. Une situation qui ralentit la réalisation des objectifs fixés par la Résolution 1325. « Il existe un sous-financement des politiques liées à la promotion des femmes et à la mise en œuvre de la résolution 1325 », a-t-il relevé. Selon lui, dans la plupart des pays étudiés, les initiatives relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité reposent encore largement sur l’appui des partenaires techniques et financiers plutôt que sur des ressources nationales pérennes.

Valoriser les femmes actrices de paix

L’étude met également en lumière le rôle essentiel joué par les femmes dans la prévention des conflits et la médiation communautaire. Pour Doudou Dia, de nombreuses femmes œuvrent quotidiennement dans leurs localités pour prévenir les tensions et favoriser la cohésion sociale, sans pour autant bénéficier de la reconnaissance ou du soutien nécessaires.

« Ces femmes jouent un rôle réel de prévention des conflits et de médiation, notamment au niveau local », a-t-il insisté. L’objectif est désormais de faire entendre davantage la voix de ces femmes souvent invisibles et d’assurer une meilleure prise en compte de leur contribution dans les politiques publiques.

Aller au-delà des avancées symboliques

Au-delà de la participation des femmes aux instances de décision, Gorée Institute plaide pour une transformation plus profonde des rapports sociaux et institutionnels. Pour Doudou Dia, la question des droits des femmes relève avant tout de la justice sociale, de l’égalité des chances et de l’accès aux opportunités économiques.

L’étude appelle ainsi les États de la région à renforcer leur engagement politique et financier afin de faire de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité un véritable levier de transformation sociale, au-delà des déclarations de principe.

Vingt-cinq ans après l’adoption de la Résolution 1325, le défi reste donc de passer de la reconnaissance des droits à leur mise en œuvre effective, au bénéfice des femmes et des communautés qu’elles contribuent chaque jour à stabiliser.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

Laisser un commentaire