Vers une Maison des cultures urbaines pour les femmes : Le plaidoyer de Gënji Hip Hop

C’est dans l’ambiance rétro d’un « Troc Gënji » aux airs d’années 80, organisé à la Villa 13 A de Ouakam, que le collectif Gënji Hip Hop a dévoilé sa feuille de route stratégique pour la période 2026-2030. Sous la conduite de sa nouvelle présidente, Maguette Diop alias « Magui », l’organisation entend marquer un tournant décisif pour l’équité de genre au sein des industries culturelles et créatives (ICC) au Sénégal et en Afrique de l’Ouest.

​L’ambition est claire : dépasser la simple présence des femmes sur la scène artistique pour leur donner les moyens de diriger, produire et investir. D’ici 2030, Gënji Hip Hop vise la formation de 500 femmes, l’accompagnement de 100 projets culturels, l’adhésion de 1 000 membres et la signature de 10 partenariats internationaux.

​Au cœur de ce programme articulé autour de la professionnalisation et du leadership figure un plaidoyer majeur : la création d’un lieu dédié aux femmes créatrices. « Il est grand temps d’allouer une maison des cultures urbaines pour les femmes, ici au Sénégal, ou même un centre pour les femmes artistes », martèle Magui. Conçu comme un incubateur, cet espace aura pour vocation de structurer les initiatives, d’offrir des formations adaptées et de stimuler l’innovation.

​Pour soutenir cette vision, l’organisation s’appuiera sur son programme de renforcement de capacités Jangui, une refonte du festival Waxal suñu bop, ainsi que sur le West African Women in Music Forum (WAWIM). Autant de leviers destinés à faire émerger une nouvelle génération de décisionnaires culturelles.

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