Guinaw Rails : comment Fazaho transforme le vécu de la banlieue en rap engagé

Comment une jeune femme de Guinaw Rails fait-elle entendre sa voix dans un rap longtemps dominé par les hommes ? Selon EnQuête+, Fatou Gueye, alias Fazaho, est en train de faire bouger les lignes. Née dans les années 2000 dans cette banlieue dakaroise, elle n’a jamais cherché à cacher ses origines. Au contraire, elle en a fait son identité : Domou Ñeeno, l’enfant de Guinaw Rails, fière de ses racines.

Elle se lance dans la musique en 2019 avec une plume incisive nourrie de son vécu, de celui de ses proches et des réalités de son quartier. Une visite dans une prison pour femmes agit comme un déclic : elle prend conscience que le rap peut dénoncer les injustices et donner une tribune aux sans-voix. Ses morceaux, de Negou Seuy (2020) jusqu’à Violence faites aux femmes (2025), racontent des histoires personnelles tout en dénonçant les violences et les inégalités.

Ce parcours s’inscrit dans un mouvement plus large. En juin 2026, l’État sénégalais a décoré Didier Awadi et Doug E Tee pour leur hip-hop citoyen. Quelques mois plus tôt, un reportage d’Evenprod explorait l’influence de cette culture sur les décideurs. Fazaho incarne aujourd’hui ce rap porteur de conscience, avec une spécificité : elle met au centre la condition féminine et les difficultés des quartiers populaires.

Son combat inspire une nouvelle génération. La rappeuse veut renforcer la présence des femmes dans un milieu longtemps masculin. Aux jeunes filles de la banlieue, elle lance un message simple : le lieu de naissance n’est pas une limite. En 2026, elle a remporté la compétition Dame Hip Hop, avec un prix d’un million de francs CFA et une résidence artistique. Elle a aussi participé à un festival en Mauritanie, première ouverture à l’international qui confirme sa détermination.

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