« Je préfère perdre tout ce que j’ai construit ici plutôt que de mourir. » Ce témoignage d’un commerçant nigérian installé depuis vingt-cinq ans à Johannesburg, rapporté par Sud Quotidien, illustre le climat de peur qui règne en Afrique du Sud à l’approche de l’ultimatum du 30 juin. Des milices xénophobes exigent le départ des immigrés clandestins avant cette date, et les violences s’intensifient.
Le Nigeria a rapatrié jeudi 11 juin un premier groupe de 258 ressortissants, arrivés à l’aéroport de Lagos. Selon les autorités nigérianes, près d’un millier de leurs concitoyens vivant en Afrique du Sud auraient demandé leur retour. Le Ghana et le Malawi ont également organisé des vols de rapatriement cette semaine, craignant pour la sécurité de leurs ressortissants.
Violences quotidiennes
Intimidations, évictions forcées, tabassages : ces derniers mois, plusieurs manifestations violentes ont éclaté à travers le pays, orchestrées par des milices autoproclamées. La communauté sénégalaise, estimée entre 5 000 et 10 000 personnes, est aussi touchée. À Durban, un commerçant sénégalais installé depuis une quinzaine d’années a dû suspendre ses activités, racontant que « les Zoulous s’en prennent aux étrangers avec des piquets et des machettes ».
Ces violences sont nourries par la pauvreté, le chômage massif et une colère sociale qui se transforme en rejet de l’étranger africain, selon une analyse parue dans la presse sénégalaise. L’ultimatum du 30 juin, lancé par des groupes xénophobes, fait craindre une nouvelle escalade alors que les rapatriements se multiplient.
