TrustAfrica a réuni à Dakar des défenseurs des droits humains et des représentants de communautés confrontées à des discriminations liées au travail et à l’ascendance. Au cœur du panel : faire reconnaître officiellement les injustices héritées de l’esclavage et instaurer des mécanismes de réparation.
La rencontre, organisée avec le Réseau africain des communautés ciblées par ces discriminations, préparait le Forum des ONG sur les réparations. Comme l’écrit dakar92, les participants ont estimé que la reconnaissance formelle des injustices passées devait précéder toute démarche réparatrice. Les échanges s’inscrivaient aussi dans le cadre des vingt ans de TrustAfrica.
Les discriminations évoquées ne se limitent pas à l’ascendance : elles peuvent aussi reposer sur le statut social ou l’appartenance à une caste. Le panel sur la justice réparatrice à Dakar a mis en avant les conséquences économiques qui se transmettent entre générations, notamment lorsque des communautés restent privées de ressources nécessaires à leur développement.
La question des ressources et de leur répartition se pose aussi à l’échelle internationale. Au Dialogue annuel du Club de Madrid, Aminata Touré, Haute représentante du président Bassirou Diomaye Faye, a plaidé pour une refonte de la gouvernance mondiale, en dénonçant notamment le manque de transparence fiscale des multinationales et en réclamant un siège permanent africain au Conseil de sécurité de l’ONU. Ces revendications rejoignent l’enjeu soulevé à Dakar : rendre les institutions et les acteurs économiques comptables des inégalités et des injustices qui perdurent.
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Coumba Touré, présidente du conseil d’administration de TrustAfrica, a défendu une réparation qui ne se résume pas à une compensation financière. Elle peut aussi passer par des excuses publiques, la restauration des droits économiques et des mesures compensatoires. Selon elle, les États, les grandes familles ayant bénéficié du travail d’autres familles et les organisations internationales ont une responsabilité à assumer.
Jasmine Mickens, autre panéliste, a appelé à dépasser les barrières linguistiques et géographiques pour rapprocher les initiatives. Elle a décrit les réparations comme un chantier économique, juridique, politique et social, visant aussi à transformer les systèmes qui entretiennent les inégalités.
Le directeur exécutif de TrustAfrica, le Dr Ebrima Sall, a proposé de renforcer les commissions africaines des droits de l’homme et de créer des fonds d’aide juridique pour les victimes. Il a également préconisé la nomination d’un rapporteur spécial consacré à ces discriminations.




