Dakar: à la Journée de l’Afrique, des voix africaines exigent des réparations concrètes

La Journée de l’Afrique, célébrée chaque 25 mai en mémoire de la création de l’Organisation de l’unité africaine devenue Union africaine, a pris cette année à Dakar une tonalité nettement politique. Réunies à l’initiative de plusieurs organisations de la société civile, dont Open Society Foundations, des voix africaines ont appelé à une mobilisation continentale autour de la justice réparatrice liée à l’esclavage et à la colonisation.

Dans la salle, les échanges ont réuni des jeunes, des universitaires, des activistes et des représentants d’institutions panafricaines. La notion de réparation a été abordée au-delà de la mémoire seule. Les participants ont cité plusieurs volets: la reconnaissance officielle des injustices historiques, la restitution du patrimoine africain spolié, un accès plus équitable au financement international et une réforme de la gouvernance mondiale. En 2025, l’Union africaine avait déjà proclamé l’année de la justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par les réparations, avant l’ouverture de la décennie consacrée à cette question.

Désiré Assogbavi a défendu une approche qu’il présente comme politique plutôt que symbolique. Selon lui, il ne s’agit ni de s’en tenir à l’émotion ni de réduire le dossier à une posture de victimisation, mais d’examiner les effets durables de plusieurs siècles d’exploitation sur les économies, les institutions et les sociétés africaines. Le responsable de l’OSF a aussi critiqué des mécanismes économiques qu’il juge défavorables au continent, en citant notamment les conditions d’emprunt imposées à certains États africains par des institutions financières internationales.

La question a aussi été posée sur le terrain local et générationnel. Les organisateurs ont estimé que ce débat ne devait plus rester l’affaire des diplomates et des chercheurs, mais devenir une cause populaire portée par plusieurs générations. Plus tôt en 2026, à Dakar, Alioune Tine avait lui aussi appelé à réparer les injustices héritées de l’esclavage et de la colonisation, en plaidant pour une place accrue de l’Afrique au sein de la Banque mondiale, du FMI et du Conseil de sécurité de l’ONU.

Cette rencontre s’inscrit dans le processus engagé par l’Union africaine pour élaborer une position commune africaine sur les réparations, rapporte Apanews. Les conclusions du panel de Dakar doivent être transmises à l’organisation continentale pour nourrir les prochaines discussions internationales.

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