« Très loin » de l’objectif 2030 : en France, l’alerte de Monique Barbut sur le méthane

La réduction des émissions de méthane dans le secteur des énergies fossiles pourrait peser à la fois sur la lutte contre le réchauffement climatique et sur la sécurité énergétique mondiale, dans un contexte de tensions persistantes sur les approvisionnements. Un rapport publié lundi par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) met en avant l’ampleur du problème et le retard pris dans les efforts de réduction.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les industries du pétrole, du gaz et du charbon représentent environ 35 % de l’ensemble des émissions de méthane liées aux activités humaines. Dans son rapport Global Methane Tracker 2026, l’AIE précise qu’il n’existe toujours « aucun signe » d’une baisse des émissions provenant des opérations liées aux combustibles fossiles, malgré l’existence de solutions de réduction déjà connues.

Le méthane est présenté comme le deuxième plus grand contributeur au changement climatique après le dioxyde de carbone. S’il reste moins longtemps dans l’atmosphère, son effet de réchauffement est, sur une période de 20 ans, environ 80 fois plus puissant que celui du CO2. L’AIE estime les émissions annuelles de méthane du pétrole, du gaz et du charbon à 124 millions de tonnes. Le pétrole constitue la première source avec 45 millions de tonnes, devant le charbon à 43 millions et le gaz naturel à 36 millions. Le rapport ajoute que 20 millions de tonnes supplémentaires proviennent de la production et de la consommation de bioénergie, en grande partie à cause de la combustion incomplète de biomasse traditionnelle utilisée pour la cuisson et le chauffage dans les économies en développement.

Cette publication intervient alors que les marchés énergétiques restent sous tension. D’après Al Jazeera, les prix du pétrole ont fortement augmenté depuis le déclenchement de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran à la fin du mois de février, suivi de la fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran. Un cessez-le-feu conclu en avril tient toujours, mais l’approvisionnement énergétique mondial demeure limité. La crise en cours perturberait également environ 20 % des flux mondiaux de commerce de gaz naturel liquéfié.

L’AIE estime qu’un effort mondial de réduction du méthane dans les opérations pétrolières et gazières permettrait de rendre disponibles près de 100 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an. Elle ajoute qu’environ 15 milliards de mètres cubes pourraient être récupérés assez rapidement pour apporter un soulagement au marché gazier. La suppression du torchage non urgent dans le monde pourrait, selon le rapport, libérer encore 100 milliards de mètres cubes supplémentaires.

En France, qui assure la présidence tournante du G7, des responsables gouvernementaux, des industriels et des experts se sont réunis lundi pour relancer la mobilisation avant la COP31 prévue en novembre. La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a dit espérer que ces échanges permettront d’accélérer la mise en œuvre de solutions efficaces. Elle a aussi déclaré que le monde restait « très loin » de l’objectif de réduction de 30 % des émissions de méthane d’ici 2030 par rapport à 2020. De son côté, le secrétaire d’État britannique à la sécurité énergétique, Ed Miliband, a affirmé que la réduction du méthane restait l’un des moyens les plus efficaces pour ralentir le réchauffement tout en améliorant la qualité de l’air, la santé publique et la sécurité énergétique.

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