La nouvelle stratégie énergétique de la France, fixée par décret jusqu’en 2035, a mis le feu aux poudres à l’Assemblée nationale. En réponse à ce qu’ils qualifient de passage en force, les groupes La France Insoumise (LFI) et Rassemblement National (RN) ont chacun déposé une motion de censure contre le gouvernement.
Au cœur de la controverse, la publication de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), une feuille de route cruciale qui engage l’avenir énergétique du pays. L’exécutif a choisi de la promulguer par décret le 13 février, se passant ainsi d’un débat et d’un vote des députés, ce qui a été perçu comme un contournement inacceptable du pouvoir législatif.
« Il est inacceptable que de telles décisions qui engagent notre pays pour des décennies soient prises par décret », a fustigé Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, dans une déclaration sur la plateforme X. Le Rassemblement National partage ce constat, dénonçant une mise à l’écart du Parlement sur un sujet aussi structurant.
De son côté, le gouvernement justifie sa méthode par l’urgence. Un nouveau report de ce plan, longuement débattu en amont, devenait « fondamentalement dangereux pour notre souveraineté » et pour la capacité de la France à garantir sa production d’énergie, a fait valoir l’exécutif.
La PPE3 entérine une relance de la filière nucléaire comme pilier de la production d’électricité décarbonée, visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles importées. Le texte prévoit en parallèle un développement plus modéré de l’éolien terrestre et du solaire, s’appuyant sur des prévisions de stagnation de la consommation électrique globale.