Le ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique a officialisé, ce mardi 10 février, une nouvelle stratégie nationale axée sur des polluants souvent sous-estimés mais dévastateurs. En partenariat avec des instances internationales, les autorités sénégalaises ouvrent un nouveau front climatique qui dépasse la seule question du dioxyde de carbone.
La cérémonie, qui s’est tenue en présence de partenaires techniques tels que la Climate and Clean Air Coalition (CCAC) et le Stockholm Environment Institute (SEI), marque un tournant dans l’approche sénégalaise de la transition écologique. Idy Niang, conseiller technique représentant le ministre, a posé les jalons d’une action qui se veut à la fois « souveraine et inclusive ». L’objectif affiché est de dépasser les déclarations d’intention pour structurer des mesures crédibles et finançables, alignées sur la Contribution déterminée au niveau national (CDN).
Au cœur de ce dispositif se trouve une donnée scientifique alarmante qui justifie l’urgence de l’action : le gaz ciblé par ce nouveau programme possède un pouvoir de réchauffement jusqu’à 80 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone sur le court terme. Selon nos informations, basées sur les données exposées lors du lancement, ce polluant est responsable d’environ un tiers du réchauffement climatique actuel, bien que sa durée de vie dans l’atmosphère soit limitée à une douzaine d’années.
Il s’agit du méthane, désormais identifié comme un levier stratégique majeur. Le Plan national des polluants à courte durée de vie et le Programme national méthane visent une réduction précise : 30 % des émissions d’ici 2030. Une telle baisse à l’échelle mondiale permettrait, selon les experts, d’éviter un réchauffement de 0,2 degré Celsius à l’horizon 2050.
Pour atteindre cet objectif, l’État a identifié trois secteurs clés responsables de la majorité des émissions nationales : l’agriculture, la gestion des déchets solides et liquides, et le secteur pétrolier et gazier. Comme le rapporte Sud Quotidien, Idy Niang a insisté sur le fait que ces émissions ne sont pas une fatalité. Des solutions techniques existent, notamment la valorisation du biogaz, l’amélioration des pratiques agricoles et la réduction des fuites industrielles.
Sur le volet énergétique, le Sénégal durcit le ton. Le Code de l’Environnement consacre déjà l’interdiction du torchage, une pratique consistant à brûler le gaz excédentaire. Pour renforcer cette disposition, un décret spécifique est en préparation afin d’encadrer strictement ces activités et d’imposer la valorisation du gaz plutôt que son gaspillage. Cette mesure place le Sénégal en cohérence avec la mobilisation internationale qui considère désormais la réduction du méthane comme une priorité absolue, au même titre que la sortie du charbon.