À travers une modification proposée de l’article 37 de la Constitution, le président Bassirou Diomaye Faye affiche sa volonté d’élargir l’obligation de déclaration de patrimoine aux principales autorités de l’État. L’amendement a été présenté par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr.
Le dispositif, jusqu’ici centré sur le président de la République, concernerait également le président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre. Ces trois responsables devraient déposer une déclaration écrite dans les trois mois suivant leur prestation de serment, puis une autre dans les trois mois suivant la fin de leurs fonctions.
Les déclarations seraient rendues publiques par le Conseil constitutionnel. Dans son traitement de cette proposition, Dakarposte souligne que la mesure placerait la situation patrimoniale des plus hauts responsables dans le champ de la transparence institutionnelle.
La réforme est aussi présentée comme un outil de prévention des conflits d’intérêts. Elle permettrait de comparer la situation d’un responsable au début et à la fin de son exercice, afin d’identifier d’éventuelles évolutions nécessitant des explications.
La portée du mécanisme dépendrait toutefois de la solidité des contrôles. La publication des biens et des chiffres devrait être accompagnée de vérifications sur leur exactitude, sur les variations patrimoniales et sur l’application des procédures prévues par la loi.
Cette question avait déjà été soulevée le 2 juillet 2026 par Babacar Ba, ancien vice-président de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) et président de l’ONG Forum du Justiciable. Il estimait qu’une déclaration effectuée à la fin des fonctions était nécessaire pour donner sa pleine portée à la transparence et appelait Bassirou Diomaye Faye à inscrire cette obligation dans la Constitution.
Dans la proposition actuelle, le président de la République, le président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre seraient concernés par un dépôt au début et à la cessation de leurs fonctions, avec une publication assurée par le Conseil constitutionnel.
