À Carrière, dans la commune de Thiès, l’électricité peut revenir puis s’interrompre quelques minutes plus tard, contraignant les habitants à modifier leurs habitudes. Ventilateurs arrêtés, connexion internet coupée et téléphones à recharger rapidement rythment désormais le quotidien de plusieurs ménages.
Abib, un habitant du quartier, explique que l’incertitude complique davantage la situation : les familles ignorent souvent combien de temps l’interruption va durer. Elles chargent les téléphones dès le retour du courant, gardent des lampes à proximité et mettent certains appareils de côté.
Dans le quartier, les coupures d’électricité à Thiès touchent aussi les personnes qui travaillent ou étudient avec du matériel électrique. Des étudiants suivant des cours en ligne, des travailleurs indépendants, des tailleurs, des coiffeurs, des soudeurs et des menuisiers peuvent être obligés de suspendre leurs activités.
Aly, étudiant, indique que son ordinateur et sa connexion internet sont indispensables à son travail. La batterie lui permet parfois de poursuivre pendant quelques minutes, mais une interruption prolongée l’oblige à arrêter.
Pour les petits métiers, l’arrêt d’une machine peut retarder une commande, faire repartir un client ou réduire une journée de travail. Dans une boulangerie de Khar Yalla, une coupure nocturne a ainsi nécessité l’utilisation d’un groupe électrogène alimenté avec 30 000 FCFA de gazole. La puissance de l’équipement ne permettait toutefois pas de faire fonctionner les deux fours en même temps, réduisant directement la production.
Les commerces équipés de réfrigérateurs ou de congélateurs doivent également surveiller leurs marchandises lorsque le courant manque pendant plusieurs heures. Pour les vendeurs et les artisans, le groupe électrogène constitue donc une solution coûteuse, sans garantir le maintien complet de l’activité.
Les ménages tentent de limiter les désagréments avec des power banks, des batteries, des lampes rechargeables, des onduleurs ou des groupes électrogènes. Ces solutions de secours alourdissent toutefois les dépenses familiales. Bocar affirme que sa famille a dû acheter des power banks pour recharger les téléphones et disposer d’un peu de lumière.
Les interruptions nocturnes rendent aussi le repos difficile en période de chaleur. Sans ventilateur ni climatiseur, des familles restent éveillées et les enfants peinent à dormir, selon Lamine.
Les habitants demandent surtout des informations sur l’origine des incidents, rapporte Thiesinfo. Ils souhaitent savoir s’il s’agit de travaux sur le réseau, de problèmes techniques ou d’autres difficultés, mais aussi connaître à l’avance la durée probable des coupures.
« Nous pouvons comprendre qu’il y ait des problèmes techniques. Mais il faut nous expliquer ce qui se passe et nous donner une idée de la durée des coupures », estime un habitant de Thiès.
Alima, vendeuse de jus, rapporte que l’arrêt des machines pousse certains clients à attendre ou à repartir, avec un effet direct sur les recettes de la journée.




Yallah Bakh Näh Al zéro (notre cher Zéro ministre Artificielle Intelligence Lo) s’est exprimé devant la nation réunie à l’Assemblée : il n’y a tout simplement plus un seul kopeck en caisse pour acheter le fioul lourd destiné aux turbines à gaz de la Senelec. Bilan des courses : un déficit de 250 mégawatts au compteur. Voilà donc la raison noble de ce « délestage stratégique », un sacrifice purement patriotique pour éviter que le Sénégal ne sombre brutalement dans les ténèbres à la cubaine.
Alors de grâce, relativisons ! Il n’y a absolument pas péril en la demeure. Le pays fonctionne à merveille. Les braves citoyens vont au travail, le TER et le BRT filent à toute allure, et les impôts, eux, sont prélevés avec une ponctualité exemplaire. Pendant ce temps, les pickpockets de haut vol s’affichent sans complexe, arborant fièrement la bénédiction du Chef suprême des voleurs de suffrage universel. La répression policière contre la cybercriminalité tourne, elle aussi, à plein régime. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Dès lors, pourquoi diantre se plaindre lorsqu’un « petit » département entier baigne gentiment dans le noir ? Personne ne devrait murmurer alors que nous accomplissons un acte citoyen d’économie d’énergie face à la flambée du baril mondial.
Estimez-vous plutôt heureux de ne pas avoir reçu une aimable invitation pour une « visite de courtoisie » à Rebeuss, où vous seriez logés, entassés et nourris gratuitement, dans le noir le plus complet, aux frais du contribuable.
Applaudissez, chers concitoyens, et surtout : souriez ! Vos dents blanches restent encore le moyen le plus écologique d’éclairer nos nuits. Cachez-nous donc cette complainte que l’on ne saurait entendre !