Thierno Lô appelle à la transparence, même après la décision du Conseil constitutionnel

Lors de son entretien avec L’Observateur, rapporté par ndarinfo, Thierno Lô a défendu un principe de traçabilité des ressources publiques. Pour l’ancien ministre, aucune dépense publique ne peut rester durablement en dehors de tout contrôle, quelle que soit son affectation.

Cette position intervient après l’irrecevabilité prononcée par le Conseil constitutionnel contre la proposition de loi consacrée au régime juridique des crédits spéciaux. Le gouvernement l’avait saisi sur le fondement de l’article 83 de la Constitution, contestant ainsi l’initiative portée par PASTEF. La séance plénière prévue pour examiner le texte avait été annulée, donnant à cette controverse une portée institutionnelle qui dépasse le seul contenu de la proposition de loi.

Pour Mamadou Sy Albert, PASTEF joue gros dans son bras de fer avec l’Exécutif, alors que les fonds politiques seraient gérés dans « l’opacité la plus totale ». Le député Ismaila Diallo dénonce, lui, une contradiction avec les engagements de transparence affichés par le pouvoir et estime que le président Diomaye ne veut ni débat sur les fonds spéciaux ni contrôle parlementaire sur leur utilisation.

Thierno Lô distingue toutefois le volet juridique de la question politique. Sa prise de position sur les fonds spéciaux repose sur la nécessité de maintenir les interrogations liées au contrôle des deniers publics, même si les Sages n’ont pas validé la proposition de loi. La décision du Conseil constitutionnel ne règle donc pas le débat de fond, notamment les demandes d’éclaircissements autour du dossier des 1,7 milliard de francs CFA.

Aminata Touré estime que cette affaire ne se limite d’ailleurs pas à la transparence financière : elle touche aussi à la séparation des pouvoirs, alors que l’Exécutif et l’Assemblée nationale s’opposent sur les conditions d’encadrement de ces crédits. L’ancien ministre reconnaît qu’une part de confidentialité peut être nécessaire pour certaines dépenses liées à la sécurité nationale. Il avertit cependant que le secret d’État ne doit pas servir à installer l’opacité. Il préconise un dispositif conciliant la protection des informations sensibles, l’efficacité de l’État et la sauvegarde de l’argent du contribuable.

Thierno Lô a déclaré que « dans une République moderne, l’argent public doit être traçable et contrôlable ».

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