Mamadou Sy Albert : « PASTEF joue gros » face à l’Exécutif sur les fonds politiques

La polémique autour des fonds politiques et des crédits spéciaux alloués à la Présidence de la République, à l’Assemblée nationale et à la Primature prend une nouvelle tournure. Mamadou Sy Albert décrypte le bras de fer entre PASTEF et le gouvernement

Le gouvernement a officiellement saisi le Conseil constitutionnel pour contester la proposition de loi portée par PASTEF visant à encadrer le régime des crédits spéciaux. La séance plénière prévue ce mercredi a ainsi été annulée.

Pour le journaliste et analyste politique Mamadou Sy Albert, l’enjeu de cette bataille est avant tout politique.

« L’enjeu, il est politique. Ces fonds politiques, ces crédits spéciaux sont jusque-là gérés dans l’opacité la plus totale. Les différents régimes n’ont pas voulu remettre en cause le mode de gestion de ces fonds publics », tient-il d’emblée à souligner, mercredi, sur Sud FM.

Selon lui, PASTEF avait pourtant pris des engagements en matière de transparence avant son accession au pouvoir.

« PASTEF avait pris des engagements, en arrivant au pouvoir, qu’il allait faire des projets de loi ou des propositions pour créer un contrôle transparent de l’utilisation de ces fonds. C’est ça l’enjeu de la bataille. »

Mamadou Sy Albert estime que la décision du Conseil constitutionnel pourrait avoir une forte portée politique.

« Si le Conseil constitutionnel accepte que ces fonds politiques, ces crédits spéciaux soient mieux contrôlés, mieux gérés, là, ça va être une victoire de PASTEF pour la transparence et la bonne gestion de ces fonds. Mais si PASTEF perdait cette bataille au niveau du Conseil, ce serait une grosse perte pour PASTEF. »

L’analyste met également en avant la dimension politique de ces ressources, notamment dans le contexte électoral.

« Ces fonds sont liés à des activités politiques du chef de l’État. Tout le monde sait que, dans le contexte actuel, le président a son parti et se prépare aux élections. Et tout le monde sait aussi que ces fonds vont servir le parti du président, vont servir sa coalition, vont servir sa campagne. Donc, c’est ça l’enjeu. »

Pour Mamadou Sy Albert, la décision des « 7 Sages » permettra surtout de savoir si le Sénégal s’oriente vers davantage de transparence ou vers le maintien du système actuel.

« Est-ce que le Conseil va aller dans le sens de la transparence ou non ? Je crois que la victoire de PASTEF serait qu’il y ait des mécanismes de contrôle. Mais la victoire de l’autre camp serait qu’on continue le statu quo et qu’il puisse librement mener ses activités politiques en utilisant, comme le président le souhaiterait, ses fonds politiques. »

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