« L’heure n’est plus aux constats, mais à l’action. » Cette déclaration du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, prononcée lors du 69e sommet de la CEDEAO à Freetown qui marquait le 50e anniversaire de l’organisation, donne le ton d’une nouvelle ère. À l’issue des travaux, le Sénégal a réalisé un doublé inédit : Diomaye Faye a été élu président en exercice de la Conférence des chefs d’État pour un an, tandis que le général Birame Diop a été désigné prochain président de la Commission, en poste à partir du 1er septembre 2026.
Les défis sécuritaires s’imposent comme la priorité. Selon les experts interrogés par Seneplus, la lutte contre le terrorisme exigera une approche combinant militaire, politique et développement. La création d’une brigade antiterroriste à l’horizon 2027 est saluée, mais des interrogations persistent sur son financement et son efficacité. Le dialogue avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) reste également crucial, même si le mandat de six mois confié au médiateur paraît insuffisant pour rétablir la confiance après leur retrait de la CEDEAO.
Sur le front économique, le projet de monnaie unique Éco, relancé pour 2027, suscite le scepticisme. Un économiste présent dans l’émission a jugé cet objectif irréaliste, rappelant que seul le Cap-Vert satisfait aujourd’hui aux critères de convergence. Il plaide pour une approche alternative fondée sur la souveraineté monétaire et un système de paiements régional, estimant qu’une union monétaire ne peut fonctionner sans cadre politique fédéral, aujourd’hui absent. L’interdépendance entre sécurité et économie est criante : l’insécurité au Sahel perturbe les échanges avec le Mali, affectant le port de Dakar et plusieurs secteurs sénégalais.
Le sommet a aussi condamné les violences contre les ressortissants africains en Afrique du Sud, qualifiées d’« afrophobie » par les participants. La décision de saisir l’Union africaine illustre la volonté de défendre la libre circulation des personnes. La région, qui a déjà surmonté des crises similaires par le dialogue, entend peser sur ce dossier.
La brigade antiterroriste régionale est attendue pour 2027.
