Au cours d’une opération minutieuse, la Sûreté urbaine de Dakar a mis fin aux agissements d’un gang qui se faisait passer pour des officiers de police. Les faits remontent au 25 juin 2026, vers 14 heures, lorsqu’un groupe d’individus s’est introduit dans un appartement du quartier huppé de Fann-Hock. Se prévalant de la qualité de policiers, munis d’une fausse carte professionnelle et d’un mandat de perquisition bidon, ils ont ciblé deux ressortissants indiens accusés de blanchiment d’argent issu du trafic de drogue. Après avoir fouillé les lieux, ils ont dérobé la somme de 50 millions de francs CFA dissimulée dans une armoire.
Les victimes ont ensuite été menottées et embarquées de force à bord d’un véhicule. Séquestrées, elles ont été ballottées pendant près de trois heures dans les rues de la capitale, avant d’être abandonnées, sous la menace, sur la VDN 3.
Alertée, la Sûreté urbaine a aussitôt lancé une vaste enquête. Comme l’écrit ndarinfo, les images de télésurveillance ont formellement permis d’identifier le véhicule logistique et son immatriculation. La géolocalisation et le croisement des données téléphoniques ont confirmé le parcours des suspects, une technique déjà éprouvée par ce même service. En février 2026, le commissaire Ismaila Goudiaby avait présenté le bilan d’une opération similaire ayant mis fin à une série de cambriolages dans les secteurs de Pikine, Dalifort et Bel-Air.
Les investigations ont rapidement conduit à l’interpellation de neuf personnes, dont le propriétaire et chauffeur du véhicule. Tous sont passés aux aveux. Le gang tenait ses réunions préparatoires dans un mini-restaurant de Case Ba, propriété de l’un des membres, où il planifiait ses coups et recrutait des hommes de main. L’affaire a été facilitée par un renseignement fourni par un ancien collaborateur des victimes, actif dans le secteur du change, qui a été formellement identifié.
Lors des perquisitions, les policiers ont saisi les vêtements portés lors du vol, un équipement militaire complet – tenue de gendarmerie, béret, ceinturon, insigne – ainsi que les menottes ayant servi à entraver les otages et un reliquat du butin en espèces. Trois autres membres de la bande sont toujours activement recherchés.
