Sucre : Moustapha Tall appelle à une libéralisation encadrée de la filière face au monopole de la CSS

La décision du gouvernement d’autoriser des importations temporaires de sucre à compter du 15 juillet 2026 continue de susciter des réactions. Dans une vidéo diffusée sur YouTube, l’opérateur économique Moustapha Tall a salué cette mesure, tout en dénonçant le « plus de cinquante ans de monopole » de la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) sur la filière.

La CSS, qui a produit 140 000 tonnes lors de la campagne 2025-2026, dispose actuellement d’un stock d’environ 50 000 tonnes selon ses syndicats. Une quantité jugée insuffisante pour couvrir les besoins nationaux, qui grimpent de 25 000 tonnes par mois à des niveaux bien plus élevés en période de Magal ou de Gamou. C’est dans ce contexte que le ministère de l’Industrie et du Commerce a ouvert le marché aux importations complémentaires.

Moustapha Tall estime que cette situation est le résultat direct du monopole accordé à la CSS. « Donner le monopole à quelqu’un, ce n’est pas normal. L’État doit combattre le monopole, il doit aussi combattre l’oligopole », a-t-il déclaré. Selon lui, l’entreprise n’a jamais atteint ses objectifs de production en cinquante ans. Il rappelle qu’au moment où le monopole exclusif a été accordé, le prix du sucre est passé de 65 francs à 225 francs, soit une hausse de près de 300 % du jour au lendemain.

Pour l’opérateur, une réforme profonde s’impose. Il plaide pour un système où les producteurs de canne pourraient vendre librement leur récolte à des industriels ou à une structure de transformation. « La canne doit être produite par les paysans, au même prix pour tout le monde. Cela permettra aux producteurs d’augmenter progressivement leur production », a-t-il soutenu.

Moustapha Tall assure par ailleurs que le sucre est abondant sur le marché international à des prix compétitifs. Il affirme que le sucre cristallisé, actuellement vendu à plus de 600 francs, pourrait être commercialisé à 450 francs en payant les droits de douane, et même moins sans ces taxes.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

Un commentaire

  1. Les lobbyistes sont de retour !
    Le débat sur les importations de sucre s’enflamme à nouveau, mais attention aux raccourcis. En décortiquant la récente sortie de M. Moustapha Tall, on relève 4 contradictions flagrantes :
    1) L’erreur de calcul : Passer de 65 à 225 FCFA représente une hausse de 246 %, et non de « près de 300 % ». Exagérer les chiffres ne rend pas un argument plus vrai.
    2) Le contresens économique : Prétendre soutenir l’agriculture locale tout en réclamant du sucre importé à bas prix et sans taxes… c’est condamner à mort les paysans d’ici.
    3) Le paradoxe du marché : Revendiquer la « libre vente » de la canne, mais exiger un « prix unique » garanti par l’État ? C’est une contradiction totale : c’est soit le marché libre, soit la régulation !
    4) Le flou artistique sur les stocks : 50 000 tonnes en réserve face à un besoin de 25 000 t/mois, cela assure 2 mois d’autonomie. Crier à la pénurie sans croiser le calendrier des récoltes et des fêtes religieuses relève du procès d’intention.
    Quand on ambitionne de casser un monopole, on avance des données chiffrées irréprochables et une vision rigoureuse. Comment accorder le moindre crédit à des arguments aussi bancals ?

Laisser un commentaire