Le Mali et l’Algérie ont annoncé, le 10 juillet 2026, une réconciliation avec effet immédiat. Pendant quinze mois, Bamako avait traité Alger de « parrain des terroristes », fermé l’espace aérien et rappelé les ambassadeurs. Le revirement a été coordonné : les deux capitales ont simultanément décidé le retour de leurs représentants diplomatiques et la réouverture mutuelle de leur ciel.
Cette volte-face intervient après une série de revers militaires cinglants pour la junte malienne. Le 25 avril 2026, une offensive conjointe des rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA) et des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a frappé sept villes. Kidal, symbole du pouvoir d’Assimi Goïta, est tombée. Le ministre de la Défense Sadio Camara a été tué. Les forces maliennes et leurs supplétifs russes d’Africa Corps se sont retrouvés encerclés à Kidal, contraints de lever le drapeau blanc et d’évacuer sous escorte rebelle.
Début juillet, le camp d’Anéfis a subi le même scénario : siège, embuscade, hélicoptère abattu. Selon des informations recoupées, c’est Alger qui est intervenue pour sauver les soldats maliens. Deux fois en moins de six mois, l’Algérie a empêché un effondrement. Face à cette réalité, Assimi Goïta a dû ravaler sa fierté.
La pression est aussi venue de Moscou. Humiliés par la débâcle de Kidal, les Russes ont exhorté Bamako à renouer avec Alger. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, en visite à Niamey le 8 juillet, a poussé au rapprochement. Le général nigérien Tiani, réconcilié avec Alger depuis février, a servi d’intermédiaire discret.
Conséquence immédiate : pour consolider la paix, le Mali devra rouvrir le dialogue avec les groupes touaregs et probablement ressusciter l’Accord d’Alger. RFI Afrique souligne que la première réaction saluant la détente est venue du CSIA, coalition de groupes armés du Nord, manière de préparer l’opinion à Bamako.
