Fin de la brouille Alger-Niamey : Tebboune fixe une date pour le projet qui doit relier le Nigeria à l’Europe

C’est la fin officielle d’une séquence diplomatique glaciaire entre deux voisins stratégiques du Sahel. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a reçu ce lundi à Alger le général Abdourahamane Tiani, homme fort du Niger, pour sceller une réconciliation qui dépasse le simple cadre protocolaire. Au-delà des déclarations d’amitié retrouvée, cette visite a permis de débloquer un dossier énergétique d’envergure continentale, dont le calendrier d’exécution vient d’être arrêté.

Après des mois de tensions sourdes consécutives au coup d’État à Niamey, les deux chefs d’État ont acté le retour à la normale. Abdelmadjid Tebboune a évoqué la fin d’une « période inhabituelle » marquée par une « certaine froideur », insistant sur la nécessité de préserver des liens historiques. De son côté, le général Tiani a salué la position d’Alger, qui s’était opposée à toute intervention militaire étrangère pour rétablir l’ordre constitutionnel au Niger, une posture qualifiée d’« honorable » et respectueuse de la souveraineté nigérienne.

**Une échéance fixée après le mois de Ramadan**

Le point d’orgue de cette rencontre réside dans la réactivation concrète du projet de gazoduc transsaharien. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, les deux parties ont convenu de lancer les travaux de réalisation sur le territoire nigérien immédiatement après le mois sacré de Ramadan.

Le chef de l’État algérien a précisé les modalités opérationnelles de ce chantier titanesque, destiné à acheminer le gaz du Nigeria vers l’Europe en traversant le Niger et l’Algérie. C’est la compagnie nationale algérienne, la Sonatrach, qui « prendra les choses en main » pour l’installation du pipeline traversant le territoire nigérien. Cette infrastructure est jugée vitale pour l’indépendance énergétique de la région et l’exportation vers les marchés européens.

**Sécurité et formation au menu**

Outre le volet énergétique, l’accord couvre une coopération élargie. Les discussions ont abouti à des ententes sur la sécurité frontalière et la lutte contre le terrorisme, un domaine où Alger s’engage à mettre son expertise au service de Niamey. Les domaines de la formation professionnelle, militaire et universitaire ont également été intégrés à cette nouvelle feuille de route bilatérale.

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