Souleymane Ndoye relance le jeu politique à Rufisque : Le pari des 100 milliards

À Rufisque, Souleymane Ndoye a officiellement annoncé une nouvelle étape de son engagement politique, samedi 17 octobre 2026, à l’occasion du lancement de son mouvement et de la remise d’attestations à 500 femmes formées avec l’appui du Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3FPT). « Rufisque mérite mieux », l’ancien parlementaire lance son offensive pour 2031

L’ancien président du Conseil départemental de Rufisque a décliné sa vision à travers le projet « Rufisque 2031 », avec des ambitions portant sur l’emploi, les infrastructures, l’assainissement et la gouvernance locale. Il affirme vouloir privilégier la construction d’un projet collectif plutôt que la course aux fonctions électives.

« Je ne reviens pas pour revivre le passé »
Après près de deux années de recul par rapport à la politique locale, Souleymane Ndoye reprend l’initiative. Il entend impulser une nouvelle dynamique autour de l’avenir de Rufisque, en mobilisant les compétences locales et les différentes sensibilités politiques.

« Je ne reviens pas pour revivre le passé. Je m’engage pour participer à la construction de notre avenir commun », a-t-il déclaré devant ses militants, ses compagnons et les populations présentes.

L’ancien parlementaire justifie cette démarche par le décalage qu’il observe entre le potentiel économique de Rufisque et les difficultés quotidiennes de ses habitants. Malgré sa position stratégique, ses infrastructures industrielles et ses établissements universitaires, la ville reste confrontée, selon lui, à des problèmes persistants d’inondations, d’assainissement, d’emploi des jeunes et d’insuffisance des équipements collectifs.

« Rufisque ne doit plus être seulement un territoire qui accueille le développement. Rufisque doit devenir un territoire qui profite pleinement du développement », a-t-il insisté.

Rufisque 2031 : une ambition de 50 à 100 milliards FCFA
Au cœur de son intervention figure le projet « Rufisque 2031 », conçu comme une feuille de route articulée autour de six priorités : le développement économique et l’emploi, l’éducation et la formation, la santé et la solidarité, l’environnement et l’assainissement, la jeunesse et la culture, ainsi que la gouvernance locale.

Sur le plan financier, Souleymane Ndoye affiche des objectifs ambitieux. Il souhaite faire passer progressivement le budget municipal, qu’il situe entre 4 et 4,5 milliards de francs CFA, à 10 milliards de francs CFA.

Plus largement, il indique que plusieurs scénarios d’investissement, compris entre 50 et 100 milliards de francs CFA sur cinq ans, sont à l’étude dans le cadre de « Rufisque 2031 ».

Pour atteindre ces objectifs, il envisage de mobiliser plusieurs sources de financement : les ressources propres de la ville, l’État, les programmes publics, la coopération décentralisée, le secteur privé, la responsabilité sociétale des entreprises et les partenaires internationaux.

Le mouvement propose également la création d’un « Fonds Rufisque Proximité 2031 », destiné à soutenir les projets prioritaires des quartiers. Les conseils de quartier seraient associés à l’identification des besoins et au suivi des réalisations.

« Notre ambition est simple : faire en sorte que chaque franc mobilisé se traduise par une amélioration visible dans la vie des Rufisquois », a-t-il expliqué.

Emploi des jeunes, formation et industrialisation au cœur des priorités
Souleymane Ndoye entend faire du potentiel industriel et économique de Rufisque un levier de création d’emplois. Il plaide pour un rapprochement entre les entreprises implantées sur le territoire, les centres de formation et les jeunes en quête d’insertion professionnelle.

« Il ne suffit pas d’accueillir des industries. Il faut que leurs activités contribuent directement à l’emploi local, à la création de richesses et à l’amélioration des conditions de vie », a-t-il déclaré.

Son programme prévoit également une amélioration des équipements scolaires et sanitaires, la réhabilitation des infrastructures sportives, le soutien aux associations et le développement d’espaces d’expression pour la jeunesse.

L’assainissement constitue un autre axe majeur de cette feuille de route. Face aux inondations récurrentes et à la dégradation du cadre de vie dans certains quartiers, l’ancien président du Conseil départemental appelle à privilégier la prévention et la planification plutôt que la gestion répétée des urgences.

500 femmes formées : de la compétence à l’autonomie économique
La cérémonie a également été marquée par la remise d’attestations à 500 femmes de Rufisque ayant bénéficié d’une formation dans trois domaines : la transformation agroalimentaire, la saponification et l’éducation financière.

Souleymane Ndoye a salué l’accompagnement du 3FPT ainsi que le travail des professionnels ayant assuré les formations. Mais pour lui, l’obtention d’une attestation ne constitue que la première étape d’un processus qui doit déboucher sur des activités économiques viables.

Il préconise un accompagnement des bénéficiaires pour faciliter leur accès aux équipements, aux financements, aux matières premières et aux circuits de commercialisation. La création de groupements économiques féminins dans les quartiers figure également parmi les pistes avancées.

Bassirou Diomaye Faye : Souleymane Ndoye clarifie son positionnement
Sur le terrain politique national, l’ancien député a également évoqué ses échanges avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, autour des enjeux économiques et sociaux du Sénégal et des préoccupations de Rufisque.

Il a déclaré avoir fait le choix d’accompagner la dynamique politique portée par le chef de l’État, mettant en avant la nécessité du dialogue, de la stabilité et des résultats.

« Mon parcours politique m’a appris que l’intérêt national doit toujours prévaloir sur les rivalités partisanes et les considérations personnelles », a-t-il soutenu.

Cette orientation nationale, explique-t-il, doit se traduire par une meilleure prise en compte de Rufisque dans les politiques publiques relatives à l’industrialisation, à l’emploi, à la formation et aux infrastructures.

Pas de candidature annoncée pour les prochaines locales
Alors que la relance de son activité politique intervient dans un contexte de préparation des prochaines échéances locales, Souleymane Ndoye a tenu à clarifier ses intentions personnelles. Il assure ne pas être engagé, à ce stade, dans une course à une fonction élective.

« Je ne suis pas engagé aujourd’hui dans une course à une fonction. Je suis engagé dans la construction d’un projet pour Rufisque », a-t-il déclaré.

Il préconise une démarche progressive, fondée sur l’écoute des populations, l’organisation des forces disponibles et l’élaboration d’un programme crédible avant toute décision sur les candidatures.

« Avant de parler de candidatures, parlons des préoccupations des Rufisquois. Avant de parler des personnes, parlons des solutions », a-t-il insisté.

Fort de ses douze années à l’Assemblée nationale, de son expérience au Parlement de la CEDEAO et de son passage à la tête du Conseil départemental de Rufisque, il dit vouloir mettre son expérience au service d’une nouvelle dynamique, sans engager de polémique avec les équipes qui lui ont succédé.

In fine, Souleymane Ndoye a appelé les responsables de quartier, les jeunes, les femmes, les entrepreneurs, les enseignants, les professionnels de santé, les sportifs, les artistes et les associations à prendre part à cette initiative.

Il présente son mouvement comme une organisation appelée à s’enraciner dans les quartiers, à recueillir les préoccupations des habitants et à assurer le suivi des engagements pris.

« Rufisque mérite mieux. Rufisque peut faire mieux. Et ensemble, nous devons faire mieux. »

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