Après près de trois années de retrait de la politique active, Souleymane Ndoye signe son retour sur la scène publique. L’ancien député de la Cedeao et ancien responsable de l’Apr annonce la mise en place d’un mouvement citoyen à Rufisque, avec l’ambition de fédérer les forces vives autour d’un projet territorial. Sans se déclarer candidat à la mairie ni revendiquer une quelconque nomination, il plaide, sur Senego, pour le dialogue au sommet de l’État et appelle à placer Rufisque au-dessus des ambitions personnelles et des clivages politiques.
Vous vous êtes retiré de la scène politique il y a presque trois ans. Malgré les sollicitations de nombreux Rufisquois, vous êtes resté ferme sur votre décision. Aujourd’hui, vous annoncez votre retour. Qu’est-ce qui a changé ?
Il y a presque trois ans, j’ai effectivement décidé de prendre du recul par rapport à la politique active. C’était une décision personnelle, mûrement réfléchie et assumée. Après plusieurs années d’engagement et de responsabilités politiques, j’avais besoin de prendre de la distance, de me consacrer davantage à mes activités professionnelles, mais aussi d’observer autrement l’évolution de notre pays et de notre territoire. Je savais que cette décision n’était pas comprise par beaucoup de Rufisquois.
Des responsables politiques, des jeunes, des femmes, des acteurs de la société civile et de nombreux compagnons m’ont régulièrement demandé de revenir. Mais j’avais pris une décision et je souhaitais aller au bout de cette période de recul. Ces trois années m’ont beaucoup appris.
Elles m’ont permis d’écouter davantage, de rencontrer des personnes de sensibilités très différentes et surtout de constater qu’au-delà de nos divergences politiques, une préoccupation revenait constamment : quel avenir voulons-nous pour Rufisque ?
C’est cette interrogation qui est au cœur de ma décision aujourd’hui. Je ne reviens pas pour annoncer une candidature ou rechercher une fonction. Je reviens parce que je considère que je peux encore être utile.
J’ai donc décidé de participer à la mise en place d’un mouvement capable de rassembler le plus largement possible les Rufisquois autour d’un objectif commun : construire Rufisque. Il faut dépasser les clivages, les appartenances et parfois les querelles personnelles pour remettre notre territoire au centre.
Mon retour doit être compris dans cet esprit : rassembler, écouter, proposer et construire.
Votre retour intervient dans un contexte marqué par des divergences au sommet de l’État. Quelle analyse faites-vous des relations entre le Président de la République et le Président de l’Assemblée nationale ?
Je pense qu’il faut aborder cette question avec beaucoup de responsabilité et de sérénité. Les divergences politiques sont normales dans une démocratie. Elles peuvent même être utiles lorsqu’elles permettent la confrontation des idées. Mais elles ne doivent jamais conduire à fragiliser nos institutions ou à détourner durablement les responsables des véritables préoccupations des Sénégalais.
Nous avons un Président de la République qui dispose d’une légitimité issue du suffrage des Sénégalais et des prérogatives que lui confère la Constitution. Nous avons également une Assemblée nationale qui constitue une institution essentielle de notre démocratie.
Chacun doit pouvoir exercer pleinement ses responsabilités dans le respect de nos institutions.
Ce qui doit nous préoccuper aujourd’hui, ce sont surtout les attentes des Sénégalais.
Les populations nous parlent du pouvoir d’achat, de l’emploi des jeunes, de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, de la situation de nos entreprises et des perspectives économiques du pays C’est là que doit se trouver l’essentiel. J’ai suffisamment vécu la vie politique et parlementaire pour savoir que des responsables peuvent avoir des divergences profondes tout en préservant l’essentiel.
Le dialogue n’est pas une faiblesse. Il constitue au contraire une responsabilité lorsque l’intérêt du pays est en jeu. Je souhaite donc que l’intérêt supérieur du Sénégal reste au-dessus des considérations partisanes ou personnelles. Pour ma part, je ne souhaite pas inscrire mon retour dans une logique de confrontation entre des personnes ou entre des camps Je veux défendre une politique de dialogue, de stabilité et de rassemblement. Notre pays a davantage besoin de passerelles que de nouvelles fractures.
Votre nom est régulièrement évoqué pour la mairie de Rufisque. Êtes-vous candidat ?
Je veux être très clair : à ce jour, je n’ai déclaré aucune candidature à la mairie de Rufisque
Je comprends naturellement que cette question puisse être posée compte tenu de mon parcours et de mon retour dans le débat public. Mais je pense que commencer aujourd’hui par parler de candidature serait prendre les choses à l’envers. Avant de parler de celui qui dirigera Rufisque demain, commençons par définir ensemble le Rufisque que nous voulons construire.
C’est précisément pour cela que nous travaillons à la mise en place d’un mouvement. Ce mouvement n’a pas vocation à être construit autour d’un homme. Il doit rassembler le plus largement possible toutes celles et tous ceux qui partagent une même ambition pour notre territoire, quelles que soient leurs sensibilités politiques.
Notre projet doit progressivement se construire autour de plusieurs grandes priorités Rufisque économique, d’abord. Nous devons créer les conditions permettant d’attirer les investissements, de soutenir nos entrepreneurs, nos commerçants et nos artisans et surtout d’offrir davantage de perspectives d’emploi à notre jeunesse. Rufisque Éducation. Nous devons améliorer les conditions d’apprentissage, accompagner nos établissements scolaires, soutenir les étudiants et développer la formation professionnelle en fonction des métiers et des opportunités économiques de demain. Rufisque Santé.
Nous devons renforcer la santé de proximité, améliorer l’accès aux soins et développer davantage la prévention, notamment pour les femmes, les enfants, les personnes âgées et les populations vulnérables. Rufisque Environnement. Nous devons traiter durablement les questions d’assainissement, d’inondations, de déchets, de protection du littoral et d’amélioration du cadre de vie.
L’environnement doit devenir une véritable politique publique locale. Rufisque Culturelle. Notre histoire, notre patrimoine, nos traditions et notre identité constituent une richesse considérable. Nous devons les préserver mais également en faire des leviers d’attractivité, de transmission et de développement. Rufisque Sportive, enfin. Le sport appartient profondément à l’identité de notre ville.
Nous devons accompagner les clubs, les ASC, toutes les disciplines et moderniser nos infrastructures sportives. Voilà le débat que je souhaite ouvrir. Et pour construire ce projet, nous devons écouter tout le monde : les quartiers, les jeunes, les femmes, les enseignants, les professionnels de santé, les entrepreneurs, les sportifs, les acteurs culturels, les associations, les autorités religieuses et coutumières et notre diaspora. Notre mouvement doit devenir un espace de rassemblement mais aussi un laboratoire d’idées et de projets pour Rufisque.
Ensuite viendra le temps des choix et des responsabilités. Aujourd’hui, ma priorité n’est donc pas une candidature. Ma priorité est de rassembler et de construire le projet. Avant de parler de candidature, parlons de Rufisque. Et avant de parler des hommes, construisons ensemble le projet.
Votre rapprochement avec le Président Bassirou Diomaye Faye obéit-il à un désir d’obtenir une nomination au gouvernement ou à une autre fonction ?
Non. Et je veux être particulièrement clair sur cette question. Je n’ai sollicité aucune nomination et mon engagement politique actuel n’est conditionné à aucun poste. Mon parcours m’a déjà donné l’occasion d’exercer des responsabilités politiques et institutionnelles importantes. Je sais donc parfaitement faire la différence entre servir une conviction et rechercher une fonction.
Mon rapprochement avec le Président Bassirou Diomaye Faye correspond d’abord à une appréciation politique de la situation de notre pays. Je considère que le Sénégal a besoin de stabilité, de dialogue, de rassemblement et surtout de résultats. Le Président de la République a reçu un mandat des Sénégalais. Je considère qu’il faut lui permettre d’exercer pleinement ses responsabilités et accompagner toutes les initiatives qui vont dans le sens de l’intérêt national.
Cela ne signifie pas renoncer à mes convictions ou à ma liberté de parole. Soutenir une orientation politique ne signifie pas abandonner sa liberté. Je souhaite pouvoir accompagner ce qui me paraît positif pour le Sénégal tout en conservant la possibilité d’exprimer mes convictions avec franchise et responsabilité. Et surtout, ma démarche actuelle est très largement tournée vers Rufisque.
Si ma préoccupation était uniquement d’obtenir une nomination, je ne consacrerais pas mon énergie à construire un mouvement, à rencontrer les populations et à travailler sur un projet territorial. Je veux réunir des femmes et des hommes qui n’ont pas nécessairement les mêmes parcours ou les mêmes appartenances politiques, mais qui peuvent se retrouver autour d’une conviction simple : Rufisque doit être plus importante que nos ambitions personnelles.
Naturellement, tout citoyen doit rester disponible lorsque son pays a besoin de lui. Mais être disponible pour servir la République est totalement différent de construire un engagement politique pour obtenir un poste. Ce n’est pas ma démarche. Je ne reviens pas pour une nomination. Je reviens pour participer à une dynamique de rassemblement, contribuer à la stabilité de notre pays et construire, avec les Rufisquois, une nouvelle ambition pour notre territoire. C’est sur cela que je souhaite être jugé.

Encore quelqu’un sorti des bois pour profiter de la naïveté du président. S
De toute façon servez vous, bientôt il n’y aura plus de gâteau