Lors de sa prise de parole, Ousmane Sonko a rejeté les montants avancés dans le débat sur les fonds politiques. Il affirme que leur enveloppe s’élève à 1,7 milliard de francs CFA par an, qualifiant les autres chiffres d’« intoxication ». Aly Ngouille Ndiaye lui demande toutefois de s’expliquer sur cette dotation, en rappelant que Sonko serait le premier Premier ministre à avoir bénéficié de ces fonds, ses prédécesseurs n’en ayant pas disposé.
L’incertitude porte également sur la périodicité de l’enveloppe : certains évoquent 1,7 milliard de francs CFA par trimestre, d’autres par an. Dans la première hypothèse, le montant pourrait atteindre environ 8 milliards de francs CFA sur une année. Aly Ngouille Ndiaye confirme par ailleurs que la première dotation a été entièrement utilisée, ce qui aurait conduit Sonko à demander une rallonge.
Le président de l’Assemblée nationale précise que la Primature dispose de fonds secrets distincts de ceux de la Présidence de la République. Il rappelle qu’un décret pris par Abdoulaye Wade en 2004 encadre l’existence de ces fonds au niveau de la Primature. Selon Actusen, ces précisions ont été apportées par Ousmane Sonko après les déclarations du ministre Abdourahmane Diouf.
Des crédits distincts pour la Primature
Pour la gestion de la Primature, Ousmane Sonko évoque 2,090 milliards de francs CFA en 2025 et 1,870 milliard en 2026. Il explique également avoir demandé, en 2025, à son secrétaire général de saisir le ministre des Finances pour obtenir une rallonge. Cette démarche devait répondre à des urgences et à des dépenses nécessitant une inscription dans une prochaine loi de finances rectificative, c’est-à-dire une loi qui modifie le budget en cours d’exercice. Cette demande intervient alors que la première dotation avait, d’après les explications avancées dans le débat, déjà été entièrement consommée.
Parmi les dépenses citées figurent 940,560 millions de francs CFA pour l’achat de véhicules auprès de l’Office national de recouvrement des avoirs criminels. Sonko explique qu’à son arrivée, la Primature ne disposait pas de véhicules en état de fonctionnement et qu’un véhicule avait été mis à sa disposition par le ministère des Affaires étrangères.
La rallonge comprendrait aussi 87 millions de francs CFA pour l’évaluation et l’audit technique et financier du programme décennal de gestion des inondations, 100 millions pour les activités du comité chargé de la commémoration du massacre de Thiaroye et 300 millions pour la remise aux normes du Building administratif.
Une commission pour contrôler les fonds
Ousmane Sonko ne se prononce pas pour la suppression des fonds politiques. Il demande plutôt leur encadrement et leur traçabilité. Il propose notamment une commission composée de personnes assermentées, afin de contrôler les dépenses qui ne peuvent pas être rendues publiques.
Il affirme ne jamais avoir utilisé ces ressources pour lui-même, son parti, sa famille ou ses amis. Il estime que l’Assemblée nationale doit exercer son rôle de contrôle et annonce qu’une nouvelle proposition pourrait être examinée par le bureau de l’institution au cours des cinq prochaines réunions.
Dans le débat sur les fonds de la Primature, Sonko affirme que plus de 3 milliards de francs CFA ont été prélevés sur le compte concerné entre mars et avril. Il dit avoir demandé des explications à Cheikh Diba, ministre des Finances, sans en avoir reçu jusqu’à présent.
Les montants avancés pour les années précédentes sont de 2,960 milliards de francs CFA en 2012, 1,930 milliard en 2013, 540 millions en 2014, 2,028 milliards en 2015, 2,772 milliards en 2016, 2,502 milliards en 2017, 2,190 milliards en 2018 et 2,060 milliards en 2019.
Pour 2020, Ousmane Sonko cite 5,745 milliards de francs CFA. Il évoque ensuite 1,450 milliard en 2021, 1,225 milliard en 2022, 1,122 milliard en 2023, 1,150 milliard en 2024 et 1,870 milliard en 2026.
